"Sonates de bar" de Hervé LE TELLIER
Au «Jay’s», Archi chante le blues et Rose Singer sert des cocktails à des noctambules désœuvrés et fabuleux. Hervé Le Tellier saisit l’occasion pour nous servir quatre-vingt-six blues et autant de cocktails personnalisés (incluant les véritables recettes). Ce texte, fréquemment adapté au théâtre, est à lire et à boire sans modération.Dans les années soixante, Archie, le pianiste, chante le blues dans la pénombre feutrée du Jay's, un bar de la 40e Rue à New York. Rose, la serveuse, chaloupe entre les tables parmi une clientèle nocturne de paumés et de coeurs solitaires. Dans le brouhaha des conversations, derrière le tintement des glaçons, Jay, barman imperturbable, compose des cocktails à l'image de ses clients : un Bronx pour un écrivain en mal d'inspiration, un Pink Lady pour une jeune fille... Les textes d’Hervé Le Tellier, tour à tour nimbés d’érotisme, de mélancolie ou d’humour, s’articulent autour d’une authentique recette de cocktail. Shaker, tumbler, mixer... Ces sonates à contrainte sont accompagnées de délicates aquarelles de l'artiste japonaise Yoko Ueta.
Sur un air de jazz ou de blues, voici une petite centaine d’instantanés, de sentiments fondus enchaînés, rythmés par le shaker de Jay. C’est beau et triste. C’est bon et fort, ou doux selon l’humeur, selon l’envie. Cette ambiance nostalgique est propice à l’écoute de sa propre sensibilité. Le film de la vie se déroule au son des notes, au fil des pages, au trait fin des aquarelles. On en vient presque à penser que l’existence se résume en un cocktail de feelings musical, amoureux, plus ou moins coloré, liquide. Dans l’atmosphère capiteuse de cocktails aux noms évocateurs, sirotez ce condensé tendre et mélancolique. Vous vous ferez de ces parfaits inconnus de vrais amis. Sonates de bar a du punch ! À consommer sans modération…
Sonates de bar a reçu le Prix Thyde Monier 91 de la SGDL et le Prix de la Littérature Gourmande 91.Lire des extraits
"les trois dames de la kasbah / Suleïma " de Pierre Loti
Editions folio - 2006
4ème de couverture
Sous le soleil aveuglant d'Alger la blanche, Kadidja et ses deux filles vivent dans la Kasbah où elles vendent leurs
charmes. Les jeunes matelots français en escale découvrent avec elles les plaisirs de l'Orient, mais aussi ses dangers...
Homme de lettres, officier de marine et grand voyageur, Pierre Loti, dans une prose limpide, nous offre un tableau
sensuel et cruel de l'Algérie française.
Suleïma - L'exotisme ne fut pas pour rien dans le succès de Pierre Loti
(1850-1923), officier de marine qui sillonna les mers du monde pendant plus de cinquante années. Au fil de ses voyages, il ne cesse de tenir un journal intime d'où il puisera la matière de ses
romans.
Suleïma se présente comme un montage des pages écrites lors de ses escales en Algérie, de 1869 à 1880. Au centre de
celle « histoire bien décousue », la figure énigmatique d'une jeune femme qui fait commerce de ses charmes, rencontrée par l'auteur à Oran alors qu'elle était enfant, et une tortue qu'il baptise
du même prénom. Chaleur de l'évocation de l'Algérie et délicatesses du désenchantement font tout l'attrait de ce texte dandy ( Editions les 1001 nuits - 2000).
"Veuf" de jean-Louis Fournier
Editions Stock - 2011
4ème de couverture
« Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble.
Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement
avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne
voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement.
J’ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m’a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C’était la
rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j’avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m’a supporté quarante ans avec le
sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie. »
Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n’a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d’elle, il nous parle de lui.
Citations, phrases, extraits...
"Tu as été ma plus belle qualité. J'espère ne pas avoir été ton plus gros défaut."
"Si je dis que je vais bien, ce n'est pas vrai; si je dis que je vais mal, ce n'est pas vrai non plus. Je vais."
"C'est triste de penser qu'il faut attendre le pire pour enfin comprendre. Pourquoi le bonheur, on le reconnaît seulement au bruit qu'il fait en partant ?"
" Sur mon téléphone portable, j'ai retiré ton nom de mes contacts. J'ai appuyé sur "chercher", j'ai fait dérouler tous les noms jusqu'à "Sylvie", puis j'ai appuyé sur "option" et là j'ai choisi "supprimer". Mon écran a affiché une terrible question : "Supprimer Sylvie ?". J'ai hésité longtemps. Finalement, j'ai enfoncé avec émotion la touche "OK". J'avais l'impression d'être le président de la République qui appuyait sur le bouton rouge de la bombe atomique. Est apparu alors sur l'écran une petite poubelle avec un couvercle sautillant qui s'est posé dessus pour la fermer. Voilà, c'était fait, je t'avais mise à la poubelle."
"Tout ce que les machines compliquées de la Salpêtrière n'ont pas réussi à faire, moi, je le fais avec des mots. Je te réanime."
"La gloire de Rubens" de Philippe Muray
Editions Grasset - 1991 / Collection : Figures
résumé de l'éditeur
Pourquoi l'un des peintres les plus illustres de l'histoire de l'art est-il aussi l'un des plus méconnus ? Philippe Muray se penche sur cette énigme. Rubens revit ; on le suit partout, à travers ses innombrables voyages, ses missions diplomatiques, ses négociations. L'Europe déchirée des guerres de religion ressuscite. On redécouvre, enfin, une oeuvre aussi magnifique qu'inépuisable, d'une positivité sensuelle sans égale, et où s'affirme une suprême passion : celle des corps des femmes. Avec Rubens, la peinture se fait chair. Avec lui ressurgissent toutes ces choses désormais, semble-t-il, en voie de disparition : la volupté, le désir, la violence du plaisir. Le Pays des Merveilles de l'art, en somme, comme de la littérature. "Je chante donc ce peintre, écrit Philippe Muray, parce qu'il n'est pas de notre siècle. Il y a des éternités que la peinture est dépassée, sortie du monde, rocher des couleurs arraché au globe, planète de plus en plus lointaine, et Rubens est toute la peinture. Je remonte aux sources non pieuses, non "sacrées", d'une disparition. Je ne déterre pas un mort, je révèle un furieux vivant qui m'éblouit..."
On sait peu de choses sur la vie de Philippe Muray. Son père était écrivain et traducteur d'auteurs anglo-saxons (Jack London, Melville, Kipling, Barbara Cartland, etc.), sa mère une lectrice passionnée. D'après Philippe Muray (in Après l'Histoire, I), ses parents ont joué un rôle important dans son éducation littéraire et son goût pour la lecture. Si bien qu'à l'âge adulte, Philippe Muray suivit des études de lettres à Paris.
Durant quelques mois, en 1983, il enseigna la littérature française à l'université Stanford, en Californie. C'est là que lui vint l'idée de L'empire du Bien et qu'il rassembla la matière de Le XIXe siècle à travers les âges, publié par Philippe Sollers chez Denoël, en 1984 (réédition Gallimard, 1999), fresque foisonnante et audacieuse dans laquelle Muray souligne l'importance de l'occultisme dans la fondation du socialisme. Auparavant, il avait publié un essai controversé sur Louis-Ferdinand Céline (Seuil, collection « Tel Quel », 1981, réédition Gallimard, 2000), dans lequel il refusait de séparer l'auteur du Voyage au bout de la nuit et le pamphlétaire antisémite de Bagatelles pour un massacre.
Auteur de romans (Chant pluriel, son premier livre, Gallimard, 1973 ; Postérité, Grasset, 1988 ; On ferme, Les Belles Lettres,
1997, ainsi que de près d'une centaine de romans policiers de commande sous un pseudonyme pour l'instant toujours inconnu), d'un essai sur Rubens (La Gloire de Rubens, Grasset, 1991) et d'un
recueil de poèmes comiques (Minimum Respect, Les Belles Lettres, 2003), Philippe Muray a été assimilé par Daniel Lindenberg, dans son ouvrage Le Rappel à l'ordre : enquête sur les nouveaux
réactionnaires, à Michel Houellebecq et Maurice G. Dantec. En 2002, avec notamment Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, Pierre Manent et Pierre-André Taguieff, il signa un Manifeste pour une
pensée libre contre le livre de Daniel Lindenberg, qui le rangeait dans la catégorie des « nouveaux réactionnaires ».
Les trois derniers livres publiés de son vivant sont Chers djihadistes... (Éditions Mille et une nuits-Fondation du 2 mars,
2002), Festivus festivus, conversations avec Elisabeth Lévy (Fayard, mars 2005), "Moderne contre Moderne (octobre 2005).
Décédé le 2 mars 2006 d'un cancer du poumon, Philippe Muray a été enterré le 8 mars au cimetière du Montparnasse.( Source
Babelio.com)
"Diego et Frida" de J.M.G. Le Clézio
Editions Folio - 1995
résumé de l'éditeur
Lorsque Frida annonce son intention d'épouser Diego Rivera, son père a ce commentaire acide : «ce seront les noces d'un éléphant et d'une colombe». Tout le monde reçoit avec scepticisme
la nouvelle du mariage de cette fille turbulente mais de santé fragile avec le «génie» des muralistes mexicains, qui a le double de son âge, le triple de son poids, une réputation d'«ogre» et de
séducteur, ce communiste athée qui ose peindre à la gloire des Indiens des fresques où il incite les ouvriers à prendre machettes et fusils pour jeter à bas la trinité démoniaque du Mexique - le
prêtre, le bourgeois, l'homme de loi. Diego et Frida raconte l'histoire d'un couple hors du commun. Histoire de leur rencontre, le passé chargé de Diego et l'expérience de la douleur et
de la solitude pour Frida. Leur foi dans la révolution, leur rencontre avec Trotski et Breton, l'aventure américaine et la surprenante fascination exercée par Henry Ford. Leur rôle enfin dans le
renouvellement du monde de l'art.
Étrange histoire d'amour, qui se construit et s'exprime par la peinture, tandis que Diego et Frida poursuivent une œuvre à la fois dissemblable et complémentaire. L'art et la révolution
sont les seuls points communs de ces deux êtres qui ont exploré toutes les formes de la déraison. Frida est, pour Diego, cette femme douée de magie entrevue chez sa nourrice indienne et, pour
Frida, Diego est l'enfant tout-puissant que son ventre n'a pas pu porter. Ils forment donc un couple indestructible, mythique, aussi parfait et contradictoire que la dualité mexicaine originelle,
Ometecuhtli et Omecihuatl.
EXTRAITS
"Il est difficile aujourd'hui, dans un monde laminé par les désillusions, les guerres les plus meurtrières
de tous les temps, et par la pauvreté culturelle grandissante, de se représenter le tourbillon d'idées qui enflamment Mexico durant cette décennie qui va de 1923 à 1933. Alors le Mexique est en
train de tout inventer, de tout changer, de tout mettre au jour, dans la période la plus chaotique de son histoire, quand, sur la scène politique, se succèdent les régimes, depuis les derniers
rituels médiévaux de Porfirio Díaz jusqu'à l'héroïsme révolutionnaire de Lázaro Cárdenas, en passant par les aléas de la politique d'Alvaro Obregón, de Plutarco Elias Calles et de De La
Huerta.
Tout est à inventer et tout apparaît durant cette époque fiévreuse: l'art des muralistes au
service du peuple – les seuls vrais «romanciers de la Révolution», comme les appelle Miguel Angel Asturias – écrivant sur les lieux publics l'histoire tragique et merveilleuse du continent
amérindien; l'art au service de l'éducation, quand les campagnes d'alphabétisation du monde rural utilisent le théâtre de marionnettes, la gravure populaire à la manière de Posada, la comédie de
rue, les écoles rurales. L'enthousiasme pour l'ère nouvelle gagne tout le pays. Dans les villages les plus isolés (dans la vallée de Toluca, les steppes du Yucatán, ou le désert de Sonora), les
maîtres d'école indigènes fondent des académies de nahuatl, de maya, de yaqui, éditent des journaux, des lexiques, des recueils de légendes. La peinture naïve – non pas celle des chapelles et des
marchands de tableaux, mais comme plus tard en Haïti ou au Brésil, la peinture née dans les champs et dans la rue – éclate comme un feu d'artifice dans une fête: elle pénètre et force la peinture
officielle, apporte ses formes, ses visions nouvelles, une façon inédite d'embrasser le monde, de rendre sa pureté à la culture. La révolution fauve et cubiste qui avait un instant attiré les
grands peintres de la modernité est balayée au Mexique par cette révolution populaire qui détourne l'art de la culture gréco-romaine, le replonge dans sa réalité contorsionnée du quotidien où les
expressions, les symboles, les équilibres et jusqu'aux lois de la perspective n'obéissent pas aux mêmes critères."
"Pour Diego, cette liberté sexuelle est nécessaire, elle est l'aliment même de son art et une des expressions de la révolution; Mais il s'agit de toute autre chose que l'immoralisme antibourgeois imité de la bohème parisienne. Pour Diego, la recherche du corps des femmes est essentielle. Comme pour Gauguin ou pour Matisse, il lui faut cette identification joyeuse avec la femme, cette permanente proximité physique. La beauté du corps féminin, la beauté des modèles, est le symbole de la violence créatrice de la vie, de la réalité de la vie face à toutes les idées et impuissances de l'intellect. Toute sa peinture exprime cette confiance absolue danas la jouissance, dans la force de la vie, dans la radiance de la beauté féminine, opposée aux instincts de mort et de guerre des homme."
"Un verre de lait s'il vous plaît" de Herbjorg Wassmo
Traduit du Norvégien par Luce Hinsch
Editions Gaïa - 2007
Renouer le lien primordial avec la nature, cultiver la modestie et la simplicité,
rechercher la spontanéité : L'Art du haïku nous entraîne sur le chemin de cette sagesse qui nous a laissé les textes les plus étonnants de la littérature japonaise et nous démontre
toute la modernité de son enseignement.
L'enquête de Pascale Senk nous fait découvrir comment la pratique du haïku inspire aujourd'hui, à des adeptes venus
de tous horizons, une nouvelle approche de la vie.
En introduction aux haïkus les plus emblématiques, la présentation de Vincent Brochard n'apporte pas seulement un
éclairage historique et littéraire, elle est aussi une véritable initiation à la visée spirituelle qui est au coeur de cet usage de l'écriture.
À la fois essai, guide pratique et anthologie, L'Art du haïku montre la voie d'un authentique art de
vivre.