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mai 2009 "Bibliothèque Paul Lajoinie" Senneville

               


La Saison 2008-2009 des "Artbookins" s'est terminée hier, à la Bibliothèque "Paul Lajoinie" de Senneville-sur-mer.  Une soirée conviviale, riche en genres littéraires et accueillie par une équipe fort sympathique.  Nous avons débuté les lectures sur la terrasse, sous un soleil encore généreux pour une fin de soirée printanière. Plus tard à l'intérieur, les manifestations animalières de la campagne environnante ont animé de manière ponctuelle les lectures, sans que cela perturbe notre concentration, bien au contraire.

Si vous vous balladez dans le coin, faîtes une étape à la Bibliothèque de Senneville, elle ne manque pas de charme, "IN et OFF". Et nous, nous vous donnons rendez-vous dès la rentrée prochaine pour une nouvelle programmation d'"Artbookins" campagnards, citadins et, peut-être bien chez vous
aussi. 


               


Les livres proposés...




"Succubus Blues" de Richelle Mead
Editions Bragelonne -2009
Collection : L'Ombre
4ème de couverture
Georgina Kincaid est succube à Seattle. A priori' un choix de carrière plutôt sympa: la jeunesse éternelle, l'apparence de son choix, une garde-robe top-niveau et des hommes prêts à tout pour un simple effleurement. Pourtant, sa vie n'est pas si glamour : pas moyen de décrocher un rancard potable sans mettre en péril l'âme de l'heureux élu. Heureusement, elle est libraire, et son travail la passionne! Livres à l'œil, moka blanc à volonté... et la possibilité d'approcher le beau Seth Mortensen, un écrivain irrésistible qu'elle rêve - mais s'interdit - de mettre dans son lit. Mais les fantasmes devront attendre. Quelqu'un s'est mis en tête de jouer les justiciers dans la communauté des anges et démons. Bien malgré elle, Georgina est propulsée au cœur de la tourmente. Et pour une fois, ses sortilèges sexy et sa langue bien pendue ne lui seront d'aucun secours.

 

Richelle Mead détient une maîtrise en religion comparée et se passionne pour tout ce qui est drôle et farfelu. Elle vit à Seattle avec son mari et quatre chats.




"Poèmes à Lou" d'Apollinaire
Editions Poésie Gallimard
Préface de Michel Décaudin
Jouant de tous les registres, depuis les mètres traditionnels jusqu'au poème figuré, jamais Apollinaire n'a montré dans son expression une telle audace et une telle invention.
Ni dans son inspiration.
Amant persuadé que
Le vice n'entre pas dans les amours sublimes
il chante la joie et la douleur des corps sans oublier que "le corps ne va pas sans l'âme", à la fois rêvant d'un inacessible absolu et acceptant les partages les plus dérisoires.
Soldat vivant au jour le jour les misères des premières lignes, il a le courage de contempler l'insolite beauté que suscite la guerre, et de la dire.
Mais dans la magnificence de l'amour comme dans l'émerveillement qu'il ressent, artilleur, sur la ligne de feu, il reste, proche de nous, l'homme qui sait sa faiblesse et le prix de l'attente  : 
Je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt.
 »

Ville et coeur

 

La ville sérieuse avec ses girouettes
Sur le chaos figé du toit de ses maisons
Ressemble au coeur figé, mais divers, du poète
Avec les tournoiements stridents des déraisons.

 

O ville comme un coeur tu es déraisonnable.
Contre ma paume j'ai senti les battements
De la ville et du coeur : de la ville imprenable
Et de mon coeur surpris de vie, énormément.


Il y a

Il y a des petits ponts épatants
Il y a mon cœur qui bat pour toi
Il y a une femme triste sur la route
Il y a un beau petit cottage dans un jardin
Il y a six soldats qui s'amusent comme des fous
Il y a mes yeux qui cherchent ton image

Il y a un petit bois charmant sur la colline
Et un vieux territorial pisse quand nous passons
Il y a un poète qui rêve au ptit Lou
Il y a une batterie dans une forêt
Il y a un berger qui paît ses moutons
Il y a ma vie qui t'appartient
Il y a mon porte-plume réservoir qui court qui court
Il y a un rideau de peupliers délicat délicat
Il y a toute ma vie passée qui est bien passée
Il y a des rues étroites à Menton où nous nous sommes aimés

Il y a une petite fille de Sospel qui fouette ses camarades
Il y a mon fouet de conducteur dans mon sac à avoine
Il y a des wagons belges sur la voie
Il y a mon amour
Il y a toute la vie
Je t'adore



" Le voyage d'Anna Blume" de Paul Auster
Editions Poche - 1995
4ème de couverture
Une ville au bout du monde, cernée de murs, livrée à la désagrégation, dont les habitants tâchent de subsister en fouillant dans les détritus. De ce « pays des choses dernières », comme l’appelle le titre original du roman, la jeune Anna Blume écrit à un ami d’enfance. Venue à la recherche de son frère disparu, elle raconte ses errances dans les rues éventrées, sa lutte contre le froid, les prédations, le désespoir.
Le romancier de L’Invention de la solitude et de la Trilogie new-yorkaise nous entraîne ici dans un de ces univers, à mi-chemin du réel et du symbolique, dont il a le secret. Sur les pas d’Anna Blume et de quelques autres, résolus comme elle à ne pas s’anéantir dans l’abjection et la violence, nous traversons une fin du monde qui ressemble par bien des traits à notre monde. Avec eux, aux dernières pages du livre, nous serons conviés à rêver d’un autre départ, vers d’autres contrées…


"Moon Palace" de Paul Auster 

Editions Poche - 1995
4ème de couverture
Marco Stanley Fogg : le nom même de son héros place ce roman sous le signe de l'exploration et du voyage. Et c'est bien une odyssée qui nous est offerte, dans la tradition des Mille et Une Nuits comme du grand " roman américain ; un parcours fertile en paysages fantastiques, personnages hors du commun, tribulations multiples. Mais tout voyage est aussi une quête intérieure et initiatique. Sous l'abondance des lieux et des couleurs, le vrai périple de Marco Stanley Fogg est une recherche de l'identité, une exploration de la solitude et de l'incomplétude universelles. L'auteur de la " Trilogie new-yorkaise " et du Voyage d'Anna Blume confère ici aux thèmes qui sont ceux de toute son œuvre une ampleur et une richesse inégalées.
Traduit de l'américain par Christine Le Bœuf.




"Le voyage de Gaspard" d'Eric Pauwells
Roman illustré par Eliza Smierzchalska
Oeuvre editions - 2008
4ème de couverture
D’une écriture simple mais de belle facture, illustré de dessins originaux en ouverture et en fin de chaque chapitre, Le Voyage de Gaspard est l’archétype du livre « tout public » et « tous âges ».

Le monde enchanteur de Gaspard happe le lecteur, l’entraîne dans une ronde de l’imagination dont il n’a plus envie de sortir. Lorsque le petit garçon embarque sur le bateau qu’il pense être celui des pirates qui ont volé le tableau que son grand-père, gardien de musée devenu aveugle, aime tant, il plonge dans une réalité autre, mais ô combien complémentaire de celle que nous considérons comme objective.

Le Voyage de Gaspard est peuplé de personnages hauts en couleur tels Barnabé le colporteur de trous, Metkine le dompteur de nuages, ou le sultan de Tenzing et son Salon des Voyages imaginaires ; il nous fait découvrir des lieux aussi fascinants que l’Île aux Mots ou l’Île au Miel au rivage le plus long à cause de sa forme en spirale.

Aventure humaine autant que philosophique, ce livre est une fête de l’intelligence. Le monde à la logique vertigineuse au travers duquel Éric Pauwels éclaire le nôtre à la manière d’un Swift ou d’un Borges, est un condensé de sentiments et de savoirs réjouissants.




"La batarde d'Istambul" d' Elif Shafak
Editions Phébus- 2007
4ème de couverture
Chez les Kazanci, Turcs d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour et parlent avec les djinn, tandis que les hommes s’envolent trop tôt – pour l’au-delà ou pour l’Amérique, comme l’oncle Mustafa. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux États-Unis dans les années 20, quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent l’indignation générale. Quand, à l’âge de vingt et un ans, la fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse famille de son beau-père. L’amitié naissante d’Armanoush Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la «bâtarde», va faire voler en éclats les secrets les mieux gardés.Avec ses intrigues à foison, ses personnages pour le moins extra-vagants et l’humour corrosif qui le traverse, La Bâtarde d’Istanbul pose une question essentielle: que sait-on vraiment de ses origines? Enchevêtrant la comédie au drame et le passé au présent, Elif Shafak dresse un portrait saisissant de la Turquie contemporaine, de ses contradictions et de ses blessures.

Elif Shafak est l’un des écrivains turcs les plus en vue. Elle a longtemps vécu à l’étranger et travaille désormais entre Istanbul et l’Arizona comme auteur, chroniqueuse et professeur d’université. L’héritage cosmopolite de son pays, les droits des femmes ainsi que la coexistence de l’Islam et des valeurs démocratiques occidentales sont au centre de son œuvre.

EXTRAIT
Qu’importe ce qui tombe du ciel, jamais nous ne devons le maudire. Pas même la pluie. Qu’importe la violence de l’averse, la froideur de la neige fondue, jamais nous ne devons blasphémer contre ce que le ciel nous réserve. Personne n’ignorait cela. Pas même Zeliha. Pourtant, en ce premier vendredi de juillet, elle filait sur le trottoir s’écoulant le long de la chaussée embouteillée, en retard à son rendez-vous, jurant comme un charretier et claquant des talons, furieuse contre l’homme qui s’était mis à la suivre, contre les automobilistes qui appuyaient frénétiquement sur leur klaxon alors que tout citadin savait que le bruit n’avait aucun effet sur le trafic, contre tout l’Empire ottoman, qui avait conquis Constantinople et persisté dans son erreur, et enfin, contre la pluie... cette foutue averse d’été...



"Black Bazar" Alain Mabankou
Editions Seuil - 2009
4ème de couverture
Le héros de Black Bazar est un dandy africain de notre temps, amoureux des cols italiens et des chaussures Weston, qui découvre sa vocation d'écrivain au détour d'un chagrin d'amour. Naviguant entre complainte et dérision, il brosse avec truculence un tableau sans concession du monde qui l'entoure. Tour à tour burlesque et pathétique, son récit va prêter sa voix à toute une galerie de prersonnages étonnants, illustrant chacun à leur manière la misère et la grandeur de la condition humaine.

Un roman à la verve endiablée, tournant le dos aux convenances et aux idées reçues, par l'une des voix majeures de la littérature francophone actuelle.


Alain Mabanckou est né en 1966 au Congo-Brazzaville. Professeur de littérature francophone à l'université de Californie-Los Angeles (UCLA), il est notamment l'auteur de Verre Cassé et de Mémoires de porc-épic (prix Renaudot 2006).



"Agostino" Alberto Moravia
Editions Flammarion -

4ème de couverture
La vie d'Agostino bascule définitivement le jour où il voit sa mère éprouver du désir pour un homme. La déesse intouchable qu'il imaginait est aussi une femme. Abîmé et perdu par cette découverte, l'adolescent se lie à une bande de voyous qui lui ouvre cruellement les yeux sur le sexe, la violence et les rapports sociaux. Il apprendra beaucoup plus qu'il n'en pourra supporter. Agostino est le récit clinique de l'odyssée suspendue et douloureuse d'un être pris entre deux âges. Relire Agostino dans sa première édition, c'est redonner à ce texte qui a suscité tant d'interprétations une virginité. C'est, enfin, laisser la parole aux mots.




"Le roi des Schnorrers" Israël Zangwill
Traduit par : Isabelle di Natale et Marie-Brunette Spire
Editions Autrement
4ème de couverture
On connaît la parabole du riche et du pauvre, on plaint les miséreux. Eh bien, on a tort ! C'est ce que va découvrir le malheureux Grobstock, pilier de synagogue et bienfaiteur des indigents, lorsqu'il rencontre une sorte d'épouvantail enturbanné : le plus redoutable des Schnorrers - ces mendiants intrépides -, Manasseh le magnifique, sublime fléau et pique-assiette exemplaire, Sépharade grand genre et prince des beaux parleurs. Dès lors, l'existence de Grobstock bascule dans la souffrance, aux prises avec un Manasseh vibrionnant, déchaîné, monumental. Que l'on se rassure, pourtant, car un homme qui harcèle ses victimes avec une telle délicatesse ne saurait être entièrement mauvais.


Israel Zangwill en 1905

Israel Zangwill naît dans une famille de juifs russes émigrés. Après de solides études, il devient un temps instituteur, puis il se tourne vers le journalisme et fonde un journal humoristique, Ariel, qu'il dirige pendant plusieurs années. Parallèlement, il publie ses premiers livres, dont Le Grand Mystère du Bow, l'un des premiers récits policiers de meurtre en chambre close, et Le Roi des Schnorrers. Mais c'est avec la publication des Enfants du Ghetto, où, comme dans d'autres ouvrages, il met en scène la communauté juive, qu'il connaît un succès qui ne se démentira pas. Cette œuvre et les suivantes lui valent le surnom de « Charles Dickens juif » et le placent au rang des plus grands parmi ses contemporains. Après avoir adapté avec succès Les Enfants du ghetto pour le théâtre, il continue d'écrire pour la scène et présente à New York ses principales pièces, dont The Melting Pot (Le Creuset), expression passée à la postérité dans à peu près toutes les langues du monde.



"Sagesse Orientales"
et "Sagesses Asiatiques"
Editions librairie du premier jour - 2007

Sagesses Orientales 
Des pensées profondes, sources inépuisables d'inspiration et de réflexion. Par sa sélection raffinée d'innombrables sagesses rapportées du Levant, ce livre vous transporte dans le royaume mythique des 1001 nuits.
Sagesses Asiatiques
Des pensées profondes, sources inépuisables d'inspiration.
Par sa sélection raffinée d'innombrables sagesses rapportées des multiples royaumes d'Asie, ce livre nous invite à adopter une conduite exemplaire, caractérisée par la placidité et l'harmonie intérieure.


Et les coups de coeur de Martine qui ne pouvait pas être là. Nous les partageons avec vous :



"La note sensible" de Valentine Goby
Edition Gallimart Collection Folio - 2004
4ème de couverture
« Je n'ai jamais connu de vous qu'un univers sonore, où dominaient Mozart et votre violoncelle. Vous jouiez. Les voix chantaient. J'écrivais. Votre musique est dans ce manuscrit. À vous entendre, j'ai eu peur de vous aimer. Je vous ai fui. J'ai écrit ce qui aurait pu être notre histoire. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne vous demande pas pourquoi vous avez joué pour moi du violoncelle, chaque soir, pendant des mois.
Quand vous aurez terminé votre lecture, je serai nue devant vous, et pourtant moins vulnérable qu'au soir du 15 octobre. Je n'aurai plus rien à dissimuler, pas même de l'amour. »

EXTRAIT DES PREMIERES PAGES

  

Monsieur,


Tout a commencé le 15 octobre dernier. Il était minuit dix lorsque vous avez sonné. Je me suis levée, j’ai traversé le salon sur la pointe des pieds. J’ignorais qui était mon visiteur du soir ; tout me portait à croire que c’était vous. A mi-chemin entre ma chambre et la porte d’entrée, une latte a grincé. Nos cloisons ne sont pas épaisses. Sans doute m’avez-vous entendue approcher.

Je ne savais presque rien de vous. La rumeur avait suffi à me bouleverser. Je craignais de vous rencontrer. J’ai attendu là, au milieu de la pièce. Il faisait froid. Je ne connaissais pas votre visage, je vous avais toujours évité. La semaine dernière encore, alors que je m’approchais du palier, j’ai entendu vos clés tourner dans la serrure. J’ai dévalé les marches, j’ai couru au bout d’un couloir pour ne pas vous croiser. Vous êtes passé sans me voir. Par précaution j’ai fermé les yeux.

Cette nuit d’octobre, vous avez attendu de longues minutes sur le palier ? La lumière du néon filtrait sous ma porte. Je ne quittais pas des yeux cette rayure blanche, une meurtrière. Quelques minutes seulement, et puis il ferait noir. Vous partiriez. La lumière s’et éteinte. Vous êtes rentré chez vous. Quand vous avez tiré la porte, je suis revenue à mon lit. Je me suis couchée. Vous aussi. Vous étiez tout proche. Nos fronts auraient pu se toucher. Nous nous sommes endormis.

Je n’ai jamais connu de vous qu’un univers sonore, où dominaient Mozart et votre violoncelle. Vous jouiez. Les voix chantaient. J’écrivais. Votre musique est dans ce manuscrit. A vous entendre j’ai eu peur de vous aimer. Je vous ai fui. J’ai écrit ce qui aurait pu être notre histoire. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne vous demande pas pourquoi vous avez joué pour moi du violoncelle, chaque soir, pendant des mois.
Quand vous aurez terminé votre lecture, je serai devant vous, et pourtant mois vulnérable qu’au soir du 15 octobre. Je n’aurai plus rien à dissimuler, pas même de l’amour. Avec ce manuscrit, je vous rends ce qui n’a pas été. Je sais quelle serait ma souffrance si je devais vous aimer. J’y renonce.

Je ne vous demande qu’une chose. Lorsque vous aurez refermé le manuscrit, asseyez-vous près de la cloison, le violoncelle entre vos bras ; jouez pour moi l’Elégie de Fauré. Je l’espère depuis des semaines. Ce soir, elle sera mon chant de deuil.

J’attends.



"Un territoire fragile" Eric Fottorino
Edition Gallimart Collection Folio - 2009
4ème de couverture

Clara Werner accepte un poste de biologiste à l’Institut Océanographique de Bergen, en Norvège. Une crise d’eczéma la conduit dans le cabinet d’un « accordeur » de corps qui, en manipulant, déliant, massant, palpant, délivre les corps de la souffrance des âmes. travers les récits alternés de l’accordeur et de Clara, Eric Fottorino transporte le lecteur vers une enfance dénuée d’affection, brisée par une mère avare d’amour et de tendresse, qui conduira Clara à fuir dès qu’elle le peut pour tomber entre les mains d’Anas, un mari qui se révèlera brutal. L’accordeur découvre une cliente brisée par la vie, tente de délier les nœuds, assouplir les cicatrices, délivrer les bleus pour soulager cette femme qui ploie sous la souffrance et s’anesthésie à l’aquavit.
Une histoire simple (même si l’épilogue m’a surprise), dont le principal intérêt réside dans la plume cristalline, toute  en finesse et délicatesse. Une plume limpide, qui se lit avec un réel plaisir. Les mots coulent de source, distillent une multitude de sensations. Un exercice lumineux.


EXTRAIT
Cela prend du temps d'accorder le corps d'une femme qui ne s'aime pas. Surtout si on ne veut pas l'aimer comme une femme, mais l'accorder comme un instrument.J'ai lu dans la revue de la Statoil qu'on vient à bout des puits de pétrole en flammes en les bourrant d'explosifs. Le feu guérit le feu grâce au souffle de la déflagration. Moi, je ne me sens pas le droit de guérir l'amour par l'amour, ni le droit ni la force. D'abord la force. [... ]



"La pluie avant qu'elle tombe" de Jonathan Coe
Editions Gallimard - 2009
4ème de couverture
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti.

Biographie de l'auteur
Né en 1961 à Birmingham, Jonathan Coe est l'un des auteurs majeurs de la littérature britannique actuelle. On lui doit notamment Testament à l'anglaise, prix du Meilleur livre étranger 1996, La maison du sommeil, prix Médicis étranger 1998, et le diptyque que forment Bienvenue au club et Le Cercle fermé.

EXTRAIT
Catharine saisit la télécommande, monta le son, et la première chose qu’elles entendirent, au bout de quelques secondes, fut un souffle de bande, suivi des claquements et crachotements d’un micro qu’on allumait et qu’on réglait, et du grattement du pied de micro en plastique sur une surface dure. Puis il y eut une toux, un raclement de gorge ; et enfin une voix, la voix qu’elles comptaient entendre, ce qui ne la rendait pas moins fantomatique. C’était la voix de Rosamond, seule dans le salon de son bungalow du Shropshire, qui parlait dans le micro quelques jours à peine avant sa mort. 
 

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