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sept 2009 / Salon de Thé "Est en Ouest"



                                                       photo©Voyelle



Editions Gallimard 2009

" Trois femmes puissantes" de Marie NDIAYE

4ème de couverture
Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.
L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.


EXTRAIT
Et celui qui l’accueillit ou qui parut comme fortuitement sur le seuil de sa grande maison de béton, dans une intensité de lumière soudain si forte que son corps vêtu de clair paraissait la produire et la répandre lui-même, cet homme qui se tenait là, petit, alourdi, diffusant un éclat blanc comme une ampoule au néon, cet homme surgi au seuil de sa maison démesurée n’avait plus rien, se dit aussitôt Norah, de sa superbe, de sa stature, de sa jeunesse auparavant si mystérieusement constante qu’elle semblait impérissable. Il gardait les mains croisées sur son ventre et la tête inclinée sur le côté, et cette tête était grise et ce ventre saillant et mou sous la chemise blanche, au-dessus de la ceinture du pantalon crème. Il était là, nimbé de brillance froide, tombé sans doute sur le seuil de sa maison arrogante depuis la branche de quelque flamboyant dont le jardin était planté car, se dit Norah, elle s’était approchée de la maison en fixant du regard la porte d’entrée à travers la grille et ne l’avait pas vue s’ouvrir pour livrer passage à son père — et voilà que, pourtant, il lui était apparu dans le jour finissant, cet homme irradiant et déchu dont un monstrueux coup de masse sur le crâne semblait avoir ravalé les proportions harmonieuses que Norah se rappelait à celles d’un gros homme sans cou, aux jambes lourdes et brèves.

Immobile il la regardait s’avancer et rien dans son regard hésitant, un peu perdu, ne révélait qu’il attendait sa venue ni qu’il lui avait demandé, l’avait instamment priée (pour autant, songeait-elle, qu’un tel homme fût capable d’implorer un quelconque secours) de lui rendre visite. Il était simplement là, ayant quitté peut-être d’un coup d’aile la grosse branche du flamboyant qui ombrageait de jaune la maison, pour atterrir pesamment sur le seuil de béton fissuré, et c’était comme si seul le hasard portait les pas de Norah vers la grille à cet instant. Et cet homme qui pouvait transformer toute adjuration de sa propre part en sollicitation à son égard la regarda pousser la grille et pénétrer dans le jardin avec l’air d’un hôte qui, légèrement importuné, s’efforce de le cacher, la main en visière au-dessus de ses yeux bien que le soir eût déjà noyé d’ombre le seuil qu’illuminait cependant son étrange personne rayonnante, électrique.

— Tiens, c’est toi, fit-il de sa voix sourde, faible, peu assurée en français malgré sa maîtrise excellente de la langue mais comme si l’orgueilleuse appréhension qu’il avait toujours eue de certaines fautes difficiles à éviter avait fini par faire trembloter sa voix même.

Norah ne répondit pas. Elle l’étreignit brièvement, sans le presser contre elle, se rappelant qu’il détestait le contact physique à la façon presque imperceptible dont la chair flasque des bras de son père se rétractait sous ses doigts.

 



               Editions 10/18 - 2004

"Ce que savait Maisie" d'Henry James 

4ème de couverture
Au divorce de ses parents, Maisie est l'objet d'un jugement de Salomon, " coupée par moitié, et les tronçons jetés impartialement aux deux adversaires ". Enjeu et instrument de la haine que se vouent ses géniteurs avant d'être rejetée comme un témoin gênant, elle est la spectatrice passive de l'égoïsme des adultes. A travers son regard innocent et lucide, Henry James compose une peinture ironique des passions humaines. Ce roman est le tour de force d'un maître en psychologie, la recréation d'une âme enfantine et du monde qui l'entoure, où l'analyse minutieuse des sentiments, d'une profondeur remarquable, laisse le lecteur émerveillé.



Editions Gallimard Folio - 2009

"Le canapé rouge" de Michèle Lesbre

4ème de couverture
Sans nouvelles de Gyl, la narratrice part sur ses pas. Dans le Transsibérien, à la faveur de ses rencontres, des paysages qui défilent et de ses lectures, elle laisse vagabonder ses pensées qui la renvoient sans cesse à la vieille dame qu'elle a laissée à Paris. Clémence Barrot doit l'attendre sur son canapé rouge au fond de l'appartement d'où elle ne sort plus guère. Prix Pierre-Mac-Orlan 2007.


Extrait lu par l'auteur



Xo Editions - 2007 

"Parce que je t'aime" de Guillaume MUSSO 

4ème de couverture

Layla, une petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial d'Orange County, au sud de Los Angeles. Ses parents sont brisés et finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l'endroit exact où on avait perdu sa trace. Elle est vivante, mais reste plongée dans un étrange mutisme. A la joie des retrouvailles succèdent alors les interrogations. Où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout, pourquoi est-elle revenue ?


 Lire un extrait 



Editions verdier-2009
Genre : Litterature Italienne
Traduit par Royere Sophie


"Récits oubliés" d'Elsa MORENTE

4ème de couverture
Ce volume rassemble une cinquantaine de récits inédits publiés par Elsa Morante entre 1939 et 1941 alors qu’elle n’avait pas trente ans. Écartés des volumes dans lesquels la romancière avait réuni certains de ses récits (Le Jeu secret et Le châle andalou), dispersés dans des journaux aujourd’hui introuvables ou sommeillant parmi les papiers qu’elle laissa à sa mort, ces pépites attendaient leur heure. Il fallait les tirer de l’oubli et restituer leur éclat sauvage.
Des personnages singuliers que la vie rend fous d’amour ou de tristesse, des histoires qui se brisent comme des verres après la fête, des rires d’enfant, des chiens peureux, des âmes, des fidélités à toute épreuve : les courts récits d’Elsa Morante tiennent de la fable et de l’anecdote, du réalisme et du rêve, ils chatoient dans la lumière d’un jour qui contiendrait les couleurs et les douleurs du couchant. Une sensibilité merveilleuse les traverse tout entiers. Chacun d’entre eux ouvre un monde et referme un destin.

PREMIERES LIGNES
Le professeur enseignait depuis vingt ans déjà et sa vie avait pris ce rythme immuable, à l'abri des cahots et des surprises, qui représentait une juste récompense pour son dévouement. Comme il était loin maintenant l'enthousiasme des premiers temps, lorsque la présence d'un nouvel élève signifiait presque pour lui le début d'une aventure, et que le vertigineux tourbillon des visages, des noms et des voix le maintenait enveloppé dans un mystère fabuleux, comme le magicien au milieu des lettres d'une énigme...

                         Editions Flammarion-1993

"Au coeur des ténèbres – The Heart Of Darkness"  de Joseph Conrad
( 1898 )

4ème de couverture
C'est une lente et funèbre progression qui mène le capitaine Marlow et son vieux rafiot rouillé, par les bras d'un tortueux fleuve-serpent, jusqu'au "coeur des ténèbres". Kurtz l'y attend, comme une jeune fille endormie dans son château de broussailles. Ou comme Klamm, autre K., autre maître du château tout aussi ensorcelé de Kafka. Éminemment moderne, le récit de Conrad, écrit en 1902, suscitera toutes les interprétations : violent réquisitoire contre le colonialisme, féconde représentation d'une libido tourmentée, rêverie métaphysique sur l'homme et la nature, chacun de puiser selon son désir dans ce texte d'une richesse et d'une portée sans limites. Car au bout du voyage, les ténèbres l'emportent. L'illusion domine un monde où pulsions de mort, masques et travestissements ont stérilisé l'amour. Mais pas le rêve qui, par la magie de cette écriture inflexible, se lève et déploie ses splendeurs comme une brume aux échos incertains.

Dans ce récit d'une grande puissance évocatrice, Joseph Conrad nous invite à une odyssée initiatique que Francis F. Coppola a adaptée au cinéma dans son film Apocalyse Now.




"Contes du jour et de la nuit" de Guy de Maupassant

4ème de couverture
En 1884, lorsqu'il publie les Contes
, Maupassant est devenu un homme riche et un auteur comblé. Mais il n'a rien perdu de l'agressivité qui lui faisait naguère écrire à Flaubert : « Je trouve que 93 a été doux... Il faut supprimer les classes dirigeantes aujourd'hui comme alors, et noyer les beaux messieurs crétins avec les belles dames catins. »
Il n'y a pas que des crétins et des catins dans les Contes. Il y a aussi un « ivrogne », un « lâche », un « parricide » (qui a d'ailleurs toutes les raisons de l'être), quelques cocus, quelques farces de haute graisse, une superbe histoire corse (La Vendetta). Et même des honnêtes gens et un couple heureux. Le tout décrit avec cette concision aiguë et décapante où se reconnaît le caractère unique d'un écrivain qui disait de lui-même : « Je ne pense comme personne, je ne sens comme personne, je ne raisonne comme personne. »


EXTRAIT " Le vieux"
Une paysanne sortit de la maison. Son corps osseux, large et plat, se dessinait sous un caraco de laine qui serrait la taille. Une jupe grise, trop courte, tombait jusqu'à la moitié des jambes, cachées en des bas bleus, et elle portait aussi des sabots pleins de paille. Un bonnet blanc, devenu jaune, couvrait quelques cheveux collés au crâne, et sa figure brune, maigre, laide, édentée, montrait cette physionomie sauvage et brute qu'ont souvent les faces des paysans.

L'homme demanda:

«Comment qu'y va ?» La femme répondit: «M'sieu l'Curé dit que c'est la fin, qu'il n' passera point la nuit.» Ils entrèrent tous deux dans la maison.

Après avoir traversé la cuisine, ils pénétrèrent dans la chambre, basse, noire, à peine éclairée par un carreau, devant lequel tombait une loque d'indienne normande. Les grosses poutres du plafond, brunies par le temps, noires et enfumées, traversaient la pièce de part en part, portant le mince plancher du grenier, où couraient, jour et nuit, des troupeaux de rats. Le sol de terre, bossué, humide, semblait gras, et dans le fond de l'appartement, le lit faisait une tache vaguement blanche. Un bruit singulier, rauque, une respiration dure, râlante, sifflante avec un gargouillement d'eau comme celui que fait une pompe brisée, partait de la couche enténébrée où agonisait un vieillard, le père de la paysanne.

L'homme et la femme s'approchèrent et regardèrent le moribond, de leur oeil placide et résigné.

Le gendre dit: «C'te fois, c'est fini; il n'ira pas seulement la nuit.» La fermière reprit: «C'est d'puis midi qu'i gargotte comme ça.» Puis ils se turent. Le père avait les yeux fermés, le visage couleur de terre, si sec qu'il semblait en bois. Sa bouche entrouverte laissait passer son souffle clapotant et dur; et le drap de toile grise se soulevait sur la poitrine à chaque aspiration.

Le gendre, après un long silence, prononça: «Y'a qu'à le quitter finir. J'y pouvons rien. Tout d' même c'est dérangeant pour les cossards, vu 1' temps qu'est bon, qu'il faut r'piquer d'main.»

Sa femme parut inquiète à cette pensée. Elle réfléchit quelques instants, puis déclara: «Puisqu'i va passer, on l'enterrera pas avant samedi; t'auras ben d'main pour les cossards.» Le paysan méditait; il dit: «Oui, mais d'main qui faudra qu'invite pour l'imunation, que j' n'ai ben pour cinq à six heures à aller de Tourville à Manetot chez tout le monde.» La femme, après avoir médité deux ou trois minutes, prononça: «I n'est seulement point trois heures, qu' tu pourrais commencer la tournée anuit et faire tout 1' côté de Tourville. Tu peux ben dire qu'il a passé, puisqu'i n'en a pas quasiment pour la relevée.» L'homme demeura quelques instants perplexe, pesant les conséquences et les avantages de l'idée. Enfin il déclara: «Tout d'même, j'y vas.» Il allait sortir; il revint et, après une hésitation: «Pisque t'as point d'ouvrage, loche des pommes à cuire, et pis tu feras quatre douzaines de douillons pour ceux qui viendront à l'imunation, vu qu'i faudra se réconforter.



Editions Acte sud junior - 2008 / Théâtre

"Ah la la ! quelle histoire" de Catherine Anne

4ème de couverture
Il était une fois… Pouce-Pouce, minuscule garçon que ses parents trop pauvres ont abandonné dans la Forêt Défendue. Il était une fois Petite Peau, une princesse – cachée sous une peau de chien – qui fuit le roi son père parce qu’il veut l’épouser. Et s’ils arpentaient ensemble le monde inhospitalier ? Et s’ils rencontraient une petite ogresse, une sorcière, une fée… Ce serait aujourd’hui et ce serait un conte. 

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