Notre dernier rendez-vous de la saison autour du livre vient de
s'achever, en ce qui concerne "Les Artbookins", car le 27 juin la Compagnie Artbooka organise son premier "Festiv'book" en partenariat avec la Bibliothèque "Paul Lajoinie" de Senneville. De 11h à
18h, sous les pommiers, une manifestation où le livre est à l'honneur, où les mots s'offrent en partage et en famille ! Au programme : comité de lecture avec "Cordage", lectures improvisées
ou dirigées avec Lise Mottet et Eric maupaix pour le jeune public, lecture théâtrale avec la Compagnie Artbooka, jeux, animations...avec la bibliothèque, concert avec le groupe "Quart-à-poche" en
fin de journée et en plus de surprises par ci par là qui peuvent surgir de dessous les branches...
Apportez votre pique-nique ! L'entrée sera gratuite mais si vous le désirez une boîte à lettres sera à votre disposition pour recueillir vos dons.. A vous de fixer le prix de cette offre culturelle que l'on souhaite ensoleillée pour tous. Il nous reste encore tellement à faire d'ici là pour que cette journée soit conviviale et riche en découvertes que nous vous donnons rendez-vous dès le 7 juin sur le blog de la Compagnie Artbooka "ICI" pour en savoir plus sur le déroulement des festivités.
A bientôt !
"Nom d'une poule, on a volé le soleil" de Christian Jolibois
Editions Pocket jeunesse - 2005 - à partir de 5 ans
Collection "Les Ptites poules"
Illustrateur : Christian Heinrich
4ème de couverture
Rien ne va plus, au poulailler: Pitikok n'arrive pas à faire lever le soleil! Comme tous les matins, le papa de Carmen et de Carmélito a lancé son appel vers le ciel: "Cocorico!" Mais rien ne se passe. L'astre solaire a disparu. Qu'à cela ne tienne: Carmen, Carmélito et Bélino retrouveront le soleil! Nom d'une poule!
Interview de Christian Jolibois CLICK
"Quand le requin dort" de Milena Agus
Editions Liana levi - 2010
Traduit de l'italien par Françoise Brun
4ème de couverture
Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiché de
voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd à tout sauf à son piano. Celle qui décrit l’étrange et attachante ambiance
familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable… Une liaison qu’elle cache à sa famille, où pourtant on parle d’amour et de sexe sans inhibitions.
On y parle aussi de Dieu, dont on n’arrive pas à décider s’il existe ou pas. Plutôt qu’à lui, autant s’en remettre à la superstition pour affronter les dangers de l’existence. Celle-ci se déroule
comme si on était dans la gueule d’un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaye d’en sortir quand il dort…
Dans ce livre, le plus poignant de Milena Agus, on retrouve sa voix inimitable, capable de toutes les audaces.
Quand le requin dort est le tout premier roman de Milena Agus, l'écrivainesarde qui fit, en 2007, un raz de marée en France avec son Mal de pierres. Il y a quelque chose d'émouvant à découvrir les premiers pas d'un auteur, frayeurs et candeurs dorlotées, cruautés et émois mis à nu sans chichis. Et il y a quelque chose de fabuleux dans ces pages des origines : tout l'univers de Milena Agus est là, comme à l'état d'ébauche.
L'ambivalence est sans nul doute le socle de l'imaginaire de Milena Agus. Elle écrit une espèce d'entre-deux, un espace-temps où se réfugient des personnages - mais sont-ils vraiment des êtres fictifs, ceux qui entourent, obsèdent l'auteur ? Disparus ou lointains, ils sont toujours là, près d'elle, en elle. Ils ? Les gens de sa famille. Ils ont l'âme fantasque, des présences apeurées, des mots en demi-teinte, des rêveries égoïstes. Parents et enfants sont de la même souche, délurée et introvertie, une portée de chatons toutes griffes dehors, toutes tendresses dedans.
La narratrice, une Milena Agus adolescente, genre jupe plissée et socquettes blanches, vit en belle innocence une relation sadomasochiste avec un homme plus vieux qu'elle. Passions et démons, désirs et secrets mènent une farandole aussi enfantine que sauvage. « Comment ai-je pu vivre comme ça : sans Dieu, sans amours, sans histoires à raconter ? », s'interroge la jeune héroïne. Depuis, il y a eu ce Mal de pierres, et tout aussi captivants, deux autres titres, Battements d'ailes et Mon voisin - le désordre amoureux à portée d'histoires... ( source Télérama )
Lire un extrait : ICI
"Fugitives" d'Alice Munro
Editions Points - 2010
Traduit de l’anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso
4ème de couverture
Huit nouvelles explorant les rapports entre les êtres et les moments de l'existence où un événement peut tout faire basculer. Ces héroïnes, des années 1920 à aujourd'hui, cherchent à échapper à une vie aliénante ou au temps qui passe inexorablement. Clara vit avec Clark dans un mobile home. Lassée par sa vie et suite à un mensonge qu'elle croyait anodin, elle décide de s'enfuir.
NOUVELLES
Elles fuguent. S’échappent. S’en vont voir ailleurs. Elles : des femmes comme les autres. Par usure ou par
hasard, un beau matin, elles quittent le domicile familial ou conjugal, sans se retourner. En huit nouvelles, Alice Munro met en scène ces vies bouleversées. Avec légèreté, avec férocité, elle
traque les marques laissées par le temps et les occasions perdues.
Alice Munro est née en 1931 au Canada. Lauréate de nombreux prix littéraires, unanimement admirée (Joyce Carol Oates, Jonathan Franzen, Cynthia Ozick), elle est considérée comme l’un des plus
grands écrivains anglo-saxons de notre époque. Du côté de Castle Rock est son dernier livre paru en France.
"Aucun de nous ne reviendra" de Charlotte Delbo
Editions de minuit - 1970 / Collection documents
4ème de couverture
Aucun de nous ne reviendra est, plus qu'un récit, une suite de moments restitués. Ils se détachent sur le fond d'une réalité impossible à imaginer pour ceux qui ne l'ont pas vécue. Charlotte Delbo évoque les souffrances subies et parvient à les porter à un degré d'intensité au-delà duquel il ne reste que l'inconscience ou la mort. Elle n'a pas voulu raconter son histoire, non plus que celle de ses compagnes ; à peine parfois des prénoms. Car il n'est plus de place en ces lieux pour l'individu.
Revue de
presse
François Bott (Le Monde, 4 mars, 1985)
Mort de l'écrivain Charlotte Delbo
La mémoire d'Auschwitz
« Je reviens d'au-delà de la connaissance, disait Charlotte Delbo, il faut maintenant désapprendre, je vois bien qu'autrement je
ne pourrais plus vivre. »
Comment continuer de vivre, en effet, si l'on garde dans son corps la mémoire des coups, de la faim, de la soif, de la peur et du mépris ? Cependant, Charlotte Delbo s'est souvenue,
en écrivant pour les autres et pour elle-même. Elle revenait d'Auschwitz. Elle avait passé là-bas, durant les sombres années 40, une partie de sa jeunesse.
Je me rappelle notre première rencontre, en 1965, dans son appartement de la rue Lacépède, à Paris. Charlotte s'inquiétait de savoir si je lui rendais visite pour connaître la couleur de ses yeux
– qui étaient d'ailleurs très beaux. Je l'ai rassurée. Son livre m'avait bouleversé. Mais comme le mot est faible ! Comme les mots nous trahissent ! Ce livre m'avait fait comprendre
tant de choses !
Il s'intitulait Aucun de nous ne reviendra. Charlotte l'avait écrit en 1946. Elle avait mis longtemps à le publier, par pudeur peut-être. Chaque fois que je le
relisais, les mots de Rimbaud se promenaient dans mon esprit : la beauté injuriée... Charlotte racontait la monstruosité, elle montrait la barbarie, mais elle disait surtout l'injure faite à
la beauté d'un visage qu'on mutile. Je découvrais un ouvrage sur les camps qui était une sorte de poème d'amour. Et le poème le plus juste, par un mélange d'extrême passion et d'extrême
délicatesse.
Les lecteurs de Charlotte Delbo allaient retrouver la même voix si étrange – à cause de sa tendresse – dans les livres qui ont suivi : une pièce de théâtre, Qui rapportera ces
paroles ?, et deux autres récits formant avec Aucun de nous ne reviendra la trilogie d'Auschwitz et après. Dans Une connaissance
inutile, Charlotte évoque son arrivée au camp, « un matin de janvier 1943 : Les wagons s'étaient ouverts au bord d'une plaine glacée. C'était
un endroit d'avant la géographie. Au début, se souvient-elle, nous voulions chanter, mais les mots ne faisaient plus se lever aucune image ». Elle
dépeint aussi les sentiments qu'éprouvaient les femmes lorsqu'elles entrevoyaient les hommes qui partageaient leur infortune : « Nous les aimions. Nous le leur disions des
yeux, jamais des lèvres. Cela leur aurait semblé étrange. Ç'aurait été leur dire que nous savions combien leur vie était fragile. Nous dissimulions nos craintes. Nous ne leur disions rien qui pût
les leur révéler mais nous guettions chacune de leurs apparitions, dans un couloir ou à une fenêtre pour leur faire sentir toujours présentes notre pensée et notre sollicitude. »
Les écrivains correspondants de guerre qui avaient découvert les camps,, en 1945, se posaient la question : que peut la littérature devant tant de crimes ? Charlotte trouvait la
question mal formulée : elle ne se demandait pas ce que peut la littérature, mais ce qu'elle doit. Le métier d'écrivain, selon Charlotte Delbo, c'était de témoigner sur notre siècle, et sur
le désespoir qui nous atteint, que nous le sachions ou non, lorsqu'on défigure un visage, quel qu'il soit.
Arrêtée et déportée parce qu'elle faisait partie d'un mouvement de résistance – le réseau Politzer, – Charlotte avait été, avant la guerre, l'assistante de Louis Jouvet. Connaissant admirablement
le théâtre, elle reconstituait, avec ses compagnes de captivité, le texte du Malade imaginaire, pour ne pas laisser au malheur tous les droits. D'autres fantômes se
mêlaient aux pensées de Charlotte, à Birkenau : quand ce n'était pas Dom Juan, c'était Ondine, ou Antigone, ou Alceste. Celui-ci ne s'était pas douté qu'il devrait subir, un jour, le
voisinage des bourreaux.
Au retour du camp, Charlotte retrouva Louis Jouvet, qui l'avait tant impressionnée naguère, et se permit de lui avouer qu'elle n'aurait plus jamais peur de lui. Jouvet n'offrit pour toute
réponse, qu'un silence guetté par les larmes.Charlotte Delbo n'éprouvait aucun désir de vengeance quand elle songeait aux SS. Elle aimait trop la vie pour donner au ressentiment ce qu'il réclame.
Je me souviens de sa curiosité, de ses inclinations pour les gens, et du soin qu'elle mettait dans les moindres gestes de l'existence. Qu'une personne revenue de la pire détresse ait conservé un
tel goût de vivre, cela tordait le cou à nos petites mélancolies, comme à nos vaines querelles.
"Le sonnet contemporain. Retours aux sonnets"
de Jacques Darras, Jacques Réda, Jacques Roubaud.
Editions A. Viénot, Noiesis, 2008.
À considérer les textes des créateurs contemporains publiés par Formules, il apparaît que le sonnet a été
le cadre formel ancien le plus fréquemment utilisé. Tout au long des onze numéros précédents, nous avons en effet accueilli, en plus des formes purement expérimentales, sui generis par
définition, un nombre considérable de sonnets contraints, c'est-à-dire d'oeuvres qui ajoutaient des règles textuelles supplémentaires aux règles canoniques du sonnet. Cela n'est qu'un signe de
plus qui confirme la présence constante du sonnet et de ses variantes libres ou à contraintes dans les pratiques poétiques actuelles.
Le dossier principal réunit des créations et des articles d'érudition, c'est-à-dire toutes les interventions orales présentées lors du colloque annuel que nous publions, et qui a été réalisé
cette fois avec une très importante collaboration de l'Université de Poitiers et de la revue La Licorne, sans oublier l'apport de Formes Poétiques Contemporaines. Ces deux
revues partagent avec Formules un bon nombre de préoccupations formelles communes.
Le présent numéro réunit ainsi des sonnets textuels ou visuels de plusieurs poètes et d'artistes contemporains dont l'oeuvre est très présente.
Nous y avons inclus aussi quelques échantillons de l'heureuse utilisation actuelle des règles prosodiques, longtemps délaissées dans la traduction de sonnets classiques. Ces contributions de
créateurs sont précédées par de nombreuses études sur le sonnet d'aujourd'hui et du XXe siècle, ainsi que par un excursus historique sur leurs antécédents au XIXe siècle.
Ces essais et ces créations d'aujourd'hui témoignent de la plasticité du sonnet : nulle forme ancienne n'est moins fixe, nulle forme ne transcende plus les frontières, nulle forme reçue
n'est plus susceptible d'une individualisation formelle.
Alain Chevrier & Bernardo Schiavetta
Le sonnet a-t-il jamais été délaissé ? Assurément oui, tant l'on sait que certaines périodes, à
commencer par l'Entre-deux-guerres du XXe siècle en France, connaissent une manière d'éclipse du sonnet, du moins du côté des poètes les plus exigeants et conscients de leur art. Et pourtant non,
ne serait-ce que parce que l'idée même de sonnet, la pensée du sonnet comme modèle, comme forme, n'a jamais cessé d'occuper l'esprit, y compris des poètes les plus enclins à jeter aux orties des
formes un temps jugées par trop académiques.
On assiste cependant depuis plusieurs décennies, en France à tout le moins, à un renouveau du sonnet, auquel ont fait retour aussi bien des poètes éminemment préoccupés par les formes et les
contraintes (à commencer par Jacques Roubaud et d'autres oulipiens) que des poètes a priori plus éloignés de telles considérations ou qui les envisagent autrement (de Jacques Réda à Emmanuel
Hocquard en passant par Jude Stéfan, Jacques Darras ou, tout récemment, Bernard Noël). Chez plusieurs de ces poètes, ce retour au sonnet a pu découler, ou s'est accompagné, d'un regain d'intérêt,
voire d'une redécouverte de certains sonnettistes des siècles passés, en particulier du XVIe siècle.
Ce colloque se donne donc la double ambition d'examiner les pratiques actuelles du sonnet et de s'attacher à divers aspects du retour à l'histoire du sonnet, à ses visages anciens qui, d'Aragon à
Roubaud par exemple, a marqué ce retour en grâce, voire ce retour en force.
Dominique Moncond'huy (E.A. 3816, Forell)
"Zoli"
de Colum McCann
Editions Belfond -2007
Des plaines de Bohême à la France, en passant par l’Autriche et l’Italie, des années trente à nos jours, une magnifique histoire d’amour, de trahison et d’exil, le portrait tout en nuances d’une femme insaisissable. Porté par l’écriture étincelante de Colum McCann, Zoli nous offre un regard unique sur l’univers des Tziganes, avec pour toile de fond les bouleversements politiques dans l’Europe du XXe siècle. Tchécoslovaquie, 1930.
Présentation
du livre
Sur un lac gelé, un bataillon fasciste a rassemblé une communauté tzigane. La glace craque, les roulottes s'enfoncent dans l'eau. Seuls en réchappent Zoli, six ans, et son grand-père, Stanislaus.
Quelques années plus tard, Zoli s'est découvert des talents d'écriture. C'est le poète communiste Martin Stransky qui va la remarquer et tenter d'en faire une icône du parti. Mais c'est sa rencontre avec Stephen Swann, Anglais exilé, traducteur déraciné, qui va sceller son destin. Subjugué par le talent de cette jeune femme, fasciné par sa fougue et son audace, Swann veut l'aimer, la posséder. Mais Zoli est libre comme le vent.
Alors, parce qu'il ne peut l'avoir, Swann va commettre la pire des trahisons...
Portrait de Colum McCann : CLICK
En savoir plus sur "Zoli" : CLICK ( Interview RUE 89)
"Histoires de rencontres" de Maeve Binchy
Editions Pocket - 2004
4ème de couverture
Lors d'un voyage en Irlande, sur les traces d'un passé occulté par sa mère, Gina pressent qu'elle va devoir lutter contre le poids de l'hérédité. Annie et Allan ne se connaissent pas encore, mais ils vont devoir se battre pour retrouver leurs valises échangées par erreur dans un aéroport londonien... Jeunes filles en pleurs, maîtresses de maison débordées et sans joie, banlieusards exténués des personnages bigarrés se croisent dans ces histoires de rencontres.
"Quitter le monde" de Douglas Kennedy
Editions belfond - 2009
4ème de couverture
Le soir de son treizième anniversaire, lors d'une énième dispute entre
ses parents, Jane Howard annonce qu'elle ne se mariera jamais et n'aura jamais d'enfants.
Mais sommes-nous maître de notre destinée ?
Une quinzaine d'années plus tard, Jane est professeur à Boston et amoureuse de Theo, un homme brillant et excentrique qui lui donne une petite Emily. À sa grande surprise, Jane s'épanouit dans
la maternité. Mais la tragédie frappe et Jane, dévastée, n'a plus qu'une idée en tête : quitter le monde.
Alors qu'elle a renoncé à la vie, c'est paradoxalement la disparition d'une jeune fille qui va lui donner la possibilité d'une rédemption. Lancée dans une quête obsessionnelle, persuadée
qu'elle est plus à même de résoudre cette affaire que la police, Jane va se retrouver face au plus cruel des choix : rester dans l'ombre ou mettre en lumière une effroyable
vérité...
La première phrase
Le soir de mon treizième anniversaire,j'ai fait cette déclaration : 'Je ne me marierai jamais et je n'aurai jamais d'enfants.'
"Taj" de
Timeri N.Murari
Editions Phillipe Picquier -2007
Traduit par Pascal Debrock
4ème de couverture
TAJ MAHAL. Un fabuleux mausolée moghol de marbre blanc bâti pour l’amour d’une femme. Il fut construit
en Inde, XVIIe siècle, par l’empereur Shah Jahan pour recevoir le corps de son épouse bien-aimée.
Pendant vingt-deux ans, vingt mille hommes travaillèrent jour et nuit pour satisfaire le désir impérial.. Ainsi se dressa pour l’éternité le Taj Mahal, orné d’or, d’argent et de pierres
précieuses incrustées dans le marbre.
Voici restituée sous nos yeux la vie à la cour des Grands Moghols, celle des fêtes fastueuses, des harems et des jardins, celle de l'impossible et parfait amour qui unit la belle Arjumand à
Shah Jahan et sut vaincre tous les obstacles. Voici aussi l’incroyable épopée de la construction de ce monument, tout aussi prodigieuse que l’amour qui l’a fait naître. Elle fait revivre les
luttes de pouvoir, les conflits religieux, l’opulence des palais ainsi que le fidèle dévouement de ces artisans qui ont tissé l’histoire de la pure beauté du Taj Mahal.
Né en 1942, Timeri N. Murari grandit à Madras. En 1959, il quitte l’Inde pour aller étudier à Londres. Là il
découvre que sa vocation est l’écriture.
En 1963, après quelques années d’études et de piges pour The Guardian de Montréal, il devient reporter pour un journal de Kingston dans l’Ontario. Quand il est licencié, il s’installe
à Londres et rejoint The Guardian. Dans les années 70, il s’établit à New York
Il a publié un grand nombre d’ouvrages. Il a aussi écrit et produit un film The Square Circle qui a été réalisé par Amol Palekar.
En 2002, Timeri N. Murari a reçu le R. K. Narayan award pour son œuvre.
Depuis 1988, il vit en Inde, dans la maison de famille de Chennai.
" Le blanc Fouquet" de Franck Herbet-Pain
Editions Gallimard 2010 - Collection l'Un et l'Autre
« Il reste le soir seul dans l'atelier, dispose les coupelles des différents dosages de blancs obtenus, les applique sur des feuilles différentes, puis dans
d'autres coupelles mélange les blancs premiers entre eux, les numérote comme les feuilles qu'il dispose dans tout l'atelier, enfin sort faire quelques pas dans la rue noire laver ses rétines,
les lancer vers la nuit d'hiver opaque comme la suie, les plumes des corbeaux. Quand il revient, il note enfin celui qui a percé l'obscurité, le blanc royal, le blanc Fouquet, qui le fait
soudain vomir dans la rue. »
Franck Herbet-Pain.
"Les chaussures italiennes" de Henning Mankell
Editions seuil - 2009
4 ème de couverture
À 66 ans, Fredrick Welin vit reclus depuis 12 ans sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie
un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est
encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’immerge chaque matin.Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée 40
ans plus tôt. Harriet qui se meurt d’un cancer exige qu’il tienne une vieille promesse : lui montrer un lac forestier éloigné. Périple peu nostalgique et ponctué de reproches.Au retour elle
souhaite s’arrêter chez sa fille Louise. Choc : Fredrick découvre qu’il est le père de Louise. Marginale, elle habite dans une caravane entourée d’originaux, dont un vieux bottier italien
auquel elle commande une paire de souliers pour son père.Commence le lent dégel intérieur du narrateur. Ses retrouvailles avec le monde des émotions humaines le poussent à rencontrer Agnès, la
jeune femme qu’il a accidentellement amputée d’un bras sain, et à obtenir son pardon.Au solstice d’été, Louise débarque avec sa mère au plus mal qui veut mourir sur l’île. La fête pour son
anniversaire est un moment de magie et de réconciliation. Harriet meurt après lui avoir dit qu’elle n’a jamais aimé que lui.
• Né en 1948 Henning Mankell partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Lauréat de nombreux prix littéraires, d’abord célèbre pour ses romans policiers centrés autour de l'inspecteur
Wallander, il est aussi l'auteur de romans ayant trait à l'Afrique ou à des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse.
EXTRAIT
Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.
Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des deux côtés. Mais je lutte, contre le froid et contre la solitude. C'est pourquoi je creuse un trou dans la glace chaque matin. Si quelqu'un, posté sur les eaux gelées avec des jumelles, me voyait faire, il me prendrait pour un fou. Il croirait que je prépare ma mort. Un homme nu dans le froid glacial, une hache à la main, en train de creuser un trou?!
Au fond je l'espère peut-être, ce quelqu'un, ombre noire dans l'immensité blanche qui me verra un jour et se demandera s'il ne faut pas intervenir avant qu'il ne soit trop tard. Pour ce qui est de me sauver, en tout cas, c'est inutile. Je n'ai pas de projets de suicide.
Dans un autre temps, juste après la catastrophe, il m'est arrivé, oui, de vouloir en finir. Pourtant, je n'ai jamais tenté de passer à l'acte. La lâcheté a toujours été une fidèle compagne de ma vie. Maintenant comme alors, je pense que le seul enjeu, pour un être vivant, est de ne pas lâcher prise. La vie est une branche fragile suspendue au-dessus d'un abîme. Je m'y cramponne tant que j'en ai la force. Puis je tombe, comme les autres, et je ne sais pas ce qui m'attend. Y a-t-il quelqu'un en bas pour me recevoir? Ou n'est-ce qu'une froide et dure nuit qui se précipite à ma rencontre?
La glace se maintient.
L'hiver est rude, en cette année du début du nouveau millénaire. Quand je me suis réveillé ce matin, dans l'obscurité de décembre, j'ai cru entendre la glace chanter. Je ne sais pas d'où me vient cette idée que la glace chante. Peut-être de mon grand-père, qui est né sur cette île; peut-être est-ce quelque chose qu'il me racontait quand j'étais petit.
Le bruit qui m'a réveillé ne venait pas de la chatte, ni de la chienne. J'ai deux animaux qui dorment plus profondément que moi. Ma chatte est vieille et pleine de courbatures; ma chienne est sourde de l'oreille droite et elle entend mal de l'oreille gauche. Je peux passer à côté d'elle sans qu'elle s'en aperçoive.
Mais ce bruit?
J'ai écouté dans le noir. Vu la provenance du son, ce devait être la glace qui bougeait, malgré tout - bien qu'ici, au fond de la baie, elle ait une épaisseur d'au moins dix centimètres. Un jour de la semaine dernière où j'étais plus inquiet que d'habitude, je suis parti à pied vers l'endroit où la glace rencontre la mer. J'ai vu alors que la glace s'étendait sur plus d'un kilomètre au-delà des derniers îlots. Ici, au fond de la baie, elle ne devrait donc pas être en mesure de bouger. Pourtant, ce matin, elle bougeait bel et bien. Elle se soulevait, s'abaissait, craquait et chantait.
Tout en écoutant le bruit, j'ai pensé que la vie avait défilé très vite. Je suis ici maintenant. Un homme de soixante-six ans, solvable, porteur d'un souvenir qui le taraude en permanence. J'ai grandi dans une pauvreté impossible à imaginer aujourd'hui dans ce pays. Mon père était serveur de restaurant - un serveur humilié et obèse -, ma mère s'évertuait à faire durer l'argent du ménage. Je me suis extirpé de ce puits. Enfant, je passais mes étés à jouer ici même, sur l'île de mes grands-parents, sans la moindre idée de ce temps qui rétrécit sans cesse. A cette époque, mes grands-parents étaient des gens actifs, la vieillesse ne les avait pas encore réduits à une attente immobile. Lui sentait le poisson et elle, il lui manquait toutes les dents. Elle était toujours gentille, pourtant c'était effrayant de voir son sourire s'ouvrir comme un trou noir.
"Vague à l'âme au Botswana" d'Alexander McCall Smith
Editions 10/18 - 2004 / réedition 2007 / collection Grands Détectives
Traduit de l'anglais par Elisabeth Kern
4ème de couverture
Mma Ramotswe, unique femme détective du Botswana, a du souci à se faire. Les finances de l'Agence n°1 des Dames Détectives et le moral de son fiancé, Mr J. L. B. Matekoni, sont au plus bas. Sans compter cette enquête pour le moins délicate qu'elle doit mener loin de Gaborone dans la famille d'un membre du gouvernement ! Heureusement, la très efficace Mma Makutsi, secrétaire émérite de l'Agence et assistante détective, prend les choses en main. Promue directrice par intérim du garage de Mr J. L. B. Matekoni, elle remet tout en ordre, dirige les apprentis à la baguette et trouve encore le temps de faire son travail de détective dans le milieu trouble et superficiel des concours de beauté. Au Botswana, lorsque les femmes s'en mêlent, tout finit par s'arranger !