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Novembre 2010 / Salon de Thé "D'Est en Ouest"

 

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photos - Pascal Bronnec   

 

 

 

"La Valse lente des tortues"  de Katherine Pancol

 

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Editions le livre de poche - 2009

 

Résumé de l'éditeur  

Ce livre est une bourrasque de vie... Un baiser brûlant du seul qu’on ne doit pas embrasser… Deux bras qui enlacent ou qui tuent… Un homme inquiétant, mais si charmant… Une femme qui tremble et espère ardemment... Un homme qui ment si savamment… Une femme qui croit mener la danse, mais passe son tour… Des adolescents plus avertis que les grands... Un homme qui joue les revenants… Un père, là-haut dans les étoiles… qui murmure à l’oreille de sa fille... Un chien si laid qu’on s’écarte sur son passage… Des personnages qui avancent obstinément... comme des petites tortues entêtées… qui apprendraient à danser lentement, lentement… dans un monde trop rapide, trop violent...

 

Interview de Katherine Pancol : ICI

Son site :  


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"Ouragan" de Laurent Gaudé

Editions Actes Sud - 2010


Le point de vue des éditeurs

A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ? Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence... Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.

 

LES PREMIERES LIGNES

 

Moi, Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j'ai ouvert la fenêtre ce matin, à l'heure où les autres dorment encore, j'ai humé l'air et j'ai dit : "Ça sent la chienne." Dieu sait que j'en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j'ai dit, elle dépasse toutes les autres, c'est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d'eau à l'approche du train. C'était bien avant qu'ils n'en parlent à la télévision, bien avant que les culs blancs ne s'agitent et ne nous disent à nous, vieilles négresses fatiguées, comment nous devions agir. Alors j'ai fait une vilaine moue avec ma bouche fripée de ne plus avoir embrassé personne depuis longtemps, j'ai regretté que Marley m'ait laissée veuve sans quoi je lui aurais dit de nous servir deux verres de liqueur - tout matin que nous soyons - pour profiter de nos derniers instants avant qu'elle ne soit sur nous. J'ai pensé à mes enfants morts avant moi et je me suis demandé, comme mille fois auparavant, pourquoi le Seigneur ne se lassait pas de me voir traîner ainsi ma carcasse d'un matin à l'autre. J'ai fermé les deux derniers boutons de ma robe et j'ai commencé ma journée, semblable à toutes les autres. Je suis descendue de ma chambre avec lenteur parce que mes foutues jambes sont aussi raides que du vieux bois, je suis sortie sur le perron et j'ai marché jusqu'à l'arrêt du bus. Moi, Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, je prends le bus tous les matins et il faudrait une fièvre des marais, une de celles qui vous tordent le ventre et vous font suer jusque dans les plis des fesses, pour m'empêcher de le faire. Je monte d'abord dans celui qui va jusqu'à Canal Street, le bus miteux qui traverse le Lower Ninth Ward, ce quartier où nous nous entassons depuis tant d'années dans des maisons construites avec quatre planches de bois, je monte dans ce bus de rouille et de misère, parce que c'est le seul qui prenne les nègres que nous sommes aux mains usées et au regard fatigué pour les emmener au centre-ville, je monte dans ce bus dont la boîte de vitesses fait un bruit de casserole mais j'en descends le plus vite possible, six stations plus loin. Je pourrais aller jusqu'à Canal Street mais je ne veux pas traverser les beaux quartiers dans ce taudis-là. Je descends dès que les petites baraques du Lower Ninth laissent place aux maisons à deux étages du centre, avec balcon et jardin, je m'arrête et j'attends l'autre bus, celui des rupins. C'est pour être dans celui-là que je me lève le matin. C'est dans celui-là que je veux faire le tour de la ville, un bus de Blancs qui me dévisagent quand je monte parce qu'ils voient tout de suite que je suis du Lower Ninth, c'est celui-là que je veux et si je me lève si tôt, c'est que je veux qu'il soit bondé parce que, lorsque je monte, cela me plaît d'avoir devant moi, en une double rangée un peu blafarde, tous ceux qui vont s'épuiser au travail. Je m'assois. Et je le fais toujours avec un sourire d'aise, n'en déplaise aux jeunes qui me regardent en se demandant quel besoin a une vieille carne dans mon genre de prendre le bus si tôt, encore qu'il n'en soit pas tant que ça à se demander ce genre de choses car la plupart s'en foutent, comme ils se foutent de tout. Je le fais parce que j'ai gagné le droit de le faire et que je veux mourir en ayant passé plus de jours à l'avant des bus qu'à l'arrière, tête basse, comme un animal honteux. Je le fais et c'est encore meilleur lorsque je tombe sur des vieux Blancs. Alors là, oui, je prends tout mon temps. Car je sais que, même s'ils font mine de rien, ils ne peuvent s'empêcher de penser qu'il fut un temps, pas si lointain, où mon odeur de négresse ne pouvait pas les importuner si tôt le matin, et j'y pense moi aussi - si bien que nous sommes unis, d'une pensée commune, même si chacun fait bien attention de ne rien laisser paraître, nous sommes unis, ou plutôt face à face - et je gagne, chaque fois. Je m'assois le plus près de là où ils sont, en posant mes fesses sur un morceau de leur veste si possible pour qu'ils soient obligés de tirer dessus et que leur mécontentement croisse encore. Jamais aucun de ces vieux Blancs ne m'a laissé sa place lorsqu'il est arrivé que le bus soit plein. Une fois seulement, alors que j'avançais dans la travée centrale, un homme m'a souri, s'est déplacé pour aller côté fenêtre et m'a fait signe de m'installer à côté de lui, sur la place qu'il libérait. "Tu n'as pas peur des vieilles vaches noires, fils ?" j'ai lancé, pour rire. Il m'a répondu en souriant : "Nous nous sommes battus pour cela." C'est depuis ce jour que lorsque j'ai besoin d'un clou, ou d'une ampoule - ce qui n'arrive pas si souvent -, je traverse la ville pour aller chez Roston and Sons, le quincaillier. Car ce jeune blanc-bec est le cadet du vieux Roston et je me fous que le clou soit plus cher qu'ailleurs, j'y vais au nom des vieilles luttes et du goût savoureux de la victoire.

 

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"Y'a pas d'embouteillages dans le désert" de Moussa Ag Assarid

Editions Broché - 2006

 

Présentation de l'éditeur

Moussa Ag Assarid a le voyage dans le sang. Né an nord du Mali vers 1975, de parents nomades, aîné d'une famille de treize enfants, le jeune Touareg part pour la France un jour de 1999, et troque les dromadaires de son enfance pour le TGV et le métro. Toujours en vadrouille, à la rencontre des autres, il raconte dans cet ouvrage sa découverte à la fois émerveillée et étonnée de la France, de sa nature, de ses habitants, de ses habitudes, de tout ce que nous ne voyons plus à force de le côtoyer, d'en user ou d'en abuser. Cocasses et attendrissantes (son lit d'hôtel si grand que tous les enfants de la tente auraient pu y dormir, le miracle de l'eau coulant des robinets, la magie des escalators et portes automatiques...), mais aussi plus lucides voire désabusées (le manque de temps, d'humanité et de chaleur des gens...), ses anecdotes et réflexions, constamment imprégnées de sa culture et de l'art de vivre du désert, sont, pour les Occidentaux que nous sommes, l'occasion de sourire de nous-mêmes et de méditer sur nos choix de vie.

 

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"Naissance d'un pont" de Maylis de Kérangal

Editons verticales - 2010 - PRIX MEDICIS 2010

 

Présentation de l'éditeur

« À l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. »

Ce livre part d’une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d’un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d’une dizaine d’hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, « à l’américaine », qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court.

 

EXTRAIT DE L'EDITEUR

L’avion amorce sa descente, à cinquante miles de là. Les passagers remuent les cervicales et regardent leur montre, ils ont faim, l’hôtesse de l’air remonte lentement le conduit central, impeccable, chignon banane et collants chair, jette de brefs coups d’œil latéraux afin de vérifier les boucles des ceintures et l’inclinaison des sièges, et chaloupe si doucement les hanches qu’elle calme de la sorte les passagers les plus aérophobes, toujours plus inquiets lors de l’atterrissage. Georges Diderot écrase son profil contre la double focale du hublot, il salive, il tressaille : le théâtre des opérations. Here we are ! – il chuchote dans ses mains brûlantes jointes en cornet autour de bouche. Deux zones immenses et siamoises sont soudées l’une à l’autre par une couture serpentine et survolé de la sorte, c’est un schéma d’une folle puissance, Diderot plisse les paupières, son cœur bouge, il est touché.

Douze mille pieds. La surface terrestre précise sa partition binaire : à l’Est, c’est une étendue claire, céruse crayeuse tirant sur le jaune pâle, chaume semé d’aiguilles convergeant en pelote métallique, à l’Ouest, un massif obscur, mousse noire aux reflets émeraude, dense, irrégulière. Dix mille pieds : la zone blanche vibre, crépite, des milliers d’éclisses éparpillées étincellent quand la zone noire, elle, se tient impénétrable, absolument close. Huit mille pieds. Une ligne de front apparaît qui agence ces deux zones, contre laquelle elles se frottent ou coulissent à la manière de deux plaques tectoniques le long d’une ligne de faille : le fleuve. Sourire de Diderot, sourire de connivence. Cinq mille pieds. Pister à présent le cours du fleuve qui vertèbre l’espace, l’articule, y fraye un souffle, un mouvement qui le doue de vie. Trois mille pieds. Observer souverain les variations chromatiques de la rivière – rouge brique argileux le long de berges, foncé brun puis violacé sur le médian du lit, ombres turquoises en bord de mangroves et langues blanches dans le creux des méandres – incision de couleur au sein de cet espace clavé en noir et blanc.

 

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"Purge" de Sofi Oksanen

Editions La cosmopolite Stock -2010

 

4ème de couverture

 

« Un vrai chef-d’oeuvre. Une merveille. 
J’espère que tous les lecteurs du monde, les vrais, liront Purge. » Nancy Huston

 

En 1992, l’union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes. 
Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille va se révéler, en lien avec le passé de l’occupation soviétique et l’amour qu’Aliide a ressenti pour Hans, un résistant. La vieille dame va alors décider de protéger Zara jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix. 
Sofi Oksanen s’empare de l’Histoire pour bâtir une tragédie familiale envoûtante. Haletant comme un film d’Hitchcock, son roman pose plusieurs questions passionnantes : peut-on vivre dans un pays occupé sans se compromettre ? Quel jugement peut-on porter sur ces trahisons ou actes de collaboration une fois disparu le poids de la contrainte ? 
Des questions qui ne peuvent que résonner fortement dans la tête des lecteurs français.

 

Sofi Oksanen est née en Finlande en 1977, d’une mère estonienne et d’un père finlandais. Elle est devenue en trois romans et quelques pièces de théâtre un personnage incontournable de la scène littéraire finlandaise. Purge a marqué la consécration de l’auteur, qui a reçu en 2008 l’ensemble des prix littéraires du pays, mais le roman a également enrichi le débat historiographique sur cette période de l’occupation soviétique.

 

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"S'taupons les taupes" de Philippe Bonduelle

Editions Larousse -2010

 

Résumé

Votre jardin ressemble à un champ de bataille ? Vous n'en pouvez plus d'enjamber des monticules de terre, mais vous ne voulez pas faire trop de mal à cet animal pas si nuisible que ça...
Ce petit livre orange est fait pour vous ! Du " taupe modèle " qui dresse le portrait de la bestiole au " taupe 40 " des recettes " anti-taupes ", il règle leur compte aux idées reçues et recense les solutions qui marchent, en privilégiant toujours le bon sens et les méthodes naturelles, sans oublier l'humour !

 

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"Guerre et paix" de léon Tolstoï

Editions Poche - 2010 - tome 1 et 2

 

1805, Saint-Pétersbourg. Lors de la soirée d'Anna Pavlovna Schérer se croisent Pierre (revenu d'Europe et influencé par les idées révolutionnaires), le prince Basile Kouraguine et ses enfants, Hélène et Hippolyte, le prince André Bolkonsky et son épouse enceinte. Cette soirée est l'occasion pour Pierre et André de renouer leur amitié. Intelligent, rationnel et ambitieux, André dédaigne autant la futilité du monde que la vie maritale. Pierre fréquente la vie dissolue des jeunes officiers, en particulier les noceurs Anatole Kouraguine et Dolokhov. Moscou. Les héritiers potentiels du comte Bézoukhov, parmi lesquels le prince Basile, se pressent au chevet du mourant. Le pays se prépare au côté des Autrichiens à la guerre contre Napoléon. Dans la famillle Rostov, le jeune Nicolas abandonne ses études pour s'engager au côté de son ami Boris Droubetskoï, ceci au grand dam de sa tendre cousine Sonia. La riche Julie Karaguine ne parvient pas à attirer son attention : Nicolas et Sonia sont secrètement amoureux. Quant à l'espiègle Natacha, qui n'a que treize ans, elle se « fiance » avec Boris. Grâce à l'intervention de la princesse Droubetskoï, Pierre, fils illégitime du comte Bézoukhov, assiste à sa mort et hérite de toute sa fortune. Il devient dès lors un « parti » en vue, se met à fréquenter le monde et les Rostov. Dans la demeure provinciale des Bolkonsky, le prince André est fermement décidé à rejoindre l'armée. Il remet sa femme Lise au soin de son père, le sévère et coléreux Nicolas Andréïévitch, et de la douce et spirituelle princesse Marie...

 

 

 

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"Mon vieux et moi" de Pierre Gagnon

Editions Autrement - 2010

 

4ème de couverture

 

Après une carrière dans la fonction publique - rayon « aides sociales » -, le narrateur, qui vient de partir à la retraite, adopte Léo (99 ans), qu’il croisait régulièrement dans la maison de retraite où il rendait visite à sa tante. Léo est d’accord pour venir s’installer chez lui. Une aventure commence. Mon vieux et moi est le récit de leur vie à deux, de leur face à face, à travers les détails significatifs de la vie quotidienne ; en particulier les efforts, l’attention du narrateur envers Léo. Mais c’est bien Léo qui, immensément patient, accommodant, lui en apprendra sur l’existence : « sans grands discours, par des gestes et de simples intentions, cet homme m’enseigne comment vivre harmonieusement ». Un matin, victime d’une chute en ramassant le journal, Léo est hospitalisé. A son retour, il n’est plus que l’ombre de lui-même ; il perd la tête. Malgré la tendresse qu’il a pour « son » vieux et ses efforts aussi énormes que drolatiques pour s’adapter au grain de folie de Léo, le narrateur va devoir choisir…

 


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