photos©Voyelle
1er rendez-vous de l'année...les mets et les mots ont fait la ronde. Et en février, on remet ça, même jour, même heure, même lieu ! En attendant de découvrir les prochains coups de coeur, voici un aperçu de ceux de janvier. Bonne lecture !
« La vie n’est ni un jeu ni un match, sinon il y aurait des gagnants »
4ème de couverture
Dans une ville du Japon, de nos jours, un garçon de dix ans grandit dans un orphelinat. Son père est mort de surmenage professionnel et sa mère est atteinte de cyclothymie aiguë. Comme tous les enfants de son âge, il est passionné de technologies et de jeux vidéo. Etrangement, il a attiré l'attention d'un lutteur de sumo, de passage. Ce dernier, grand maître de force et de sagesse, a repéré le " gros" qui se cache en lui. Il entreprend donc, alors que ce gosse garde sa corpulence normale, de lui expliquer les éléments fondamentaux et les pratiques d'un sport ancestral et d'un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen...
"Naufrages" d'Akira Yoshimura
Editions Babel - 2004
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle
4ème de couverture
Dans un village isolé entre mer et montagne, une petite communauté tente d’échapper à la misère en entretenant d’étranges coutumes. Isaku n’a que neuf ans lorsque son père part se louer dans un bourg au-delà de la montagne. Devenu d’emblée chef de famille, Isaku se voit attribuer une responsabilité dont il ne peut imaginer les conséquences. Une tempête s’annonçant cette nuit-là, d’immenses feux sont allumés sur la plage. Chargé de surveiller ce rite ancestral, Isaku va assister à l’arrivée d’un navire qui, ayant repéré les feux depuis le large, s’approche de la plage pour échapper au naufrage. Mais une barre rocheuse déchire la mer aux abords du village, et le piège se referme sur ce bateau qui, sous les yeux horrifiés de l’enfant, sombre en offrant à la communauté sa précieuse cargaison. A travers ce récit envoûtant et cruel, Akira Yoshimura évoque la violence presque primitive d’une communauté villageoise totalement isolée dans un Japon hors du temps. S’appuyant sur le cycle des saisons, il décrit les conséquences de cet enfermement sur le destin d’un enfant dont la naïveté ne peut engendrer la révolte ni quelque autre forme de jugement face à la misère.
EXTRAIT
De vieux capuchons de paille flottaient çà et là dans les premières vagues. Quand les rouleaux s’écrasaient sur
les récifs au loin sur la côte, l’écume arrivait par vagues successives aux pieds d’Isaku et la mer se cambrait pour venir s’écraser contre les rochers.
Il pleuvait et la surface de la mer fumait. Des gouttes de pluie mêlées d’écume passaient à travers les trous de
sa capuche. La côte rocheuse était bordée d’une mince étendue de sable où venaient s’échouer les épaves.
Isaku attendit que la mer se retire pour s’avancer et attraper un morceau de bois coincé entre les rochers. Il
était courbe et portait des marques de clous. C’était un peu lourd, il n’avait que neuf ans, mais il prit appui sur le rocher et tira du mieux qu’il put, si bien qu’il réussit à le faire
glisser.
Une vague approcha dans un bouillonnement d’écume, d’un bond il recula sur le rivage. Il l’entendit s’écraser
derrière lui, tandis qu’un paquet de mer l’éclaboussait avec fracas. Puis elle se retira, et il avança à nouveau pour tendre la main vers le morceau de bois.
L’épave se rapprochait peu à peu et bientôt, portée par une vague plus puissante, elle vint s’échouer sur le
rivage. Il s’y cramponna pour la retenir.
Agrippé à une aspérité, il la tira hors de l’eau et l’emporta au village.
D’autres villageois chargés de bois quittaient la plage pour prendre le chemin du village. Le morceau qu’Isaku
avait ramassé semblait plus imposant et plus dur. S’il avait pu le rapporter chez lui, il en aurait fait une belle bûche, aussi était-il un peu déçu de devoir le donner pour
l’incinération.
En arrivant sur le chemin, il vit une femme sortir de la maison du mort, et venir vers lui pour l’aider à
transporter l’épave à l’intérieur. Ils l’abandonnèrent dans l’entrée de terre battue où d’autres morceaux gisaient pêle-mêle.
Isaku défit le lien de son capuchon, s’assit sur le bois et regarda autour de lui. Le mort, un homme de plus de
cinquante ans du nom de Kinzo, était nu, simplement couvert d’un linge autour des reins. Après une mauvaise chute, il s’était couché, et depuis quelques jours sa famille ne lui donnait plus que
de l’eau. On n’avait pas l’habitude au village de nourrir les mourants.
Le corps, placé en position assise avec les genoux repliés avait été attaché avec une corde au pilier central.
Les os ressortaient sous la peau, et le ventre, anormalement gonflé, semblait dur. La tête penchait légèrement en avant, et on avait déposé sur le petit chignon de cheveux blancs un talisman fait
de tiges de chanvre séché tressées en croix, afin d’écarter les mauvais esprits.
La mère d’Isaku essuyait le cercueil posé sur le sol. L’enfant sentait l’odeur de la soupe de riz offerte par
les villageois qui cuisait sur le feu.
Sans doute pleuvait-il très fort, car il ne percevait plus le ressac et le bruit de la pluie emplissait la
maison.
Il avait les yeux fixés sur les mains de la femme qui brassait le contenu de la marmite avec une spatule.
" Ceux des tempêtes" d'Alain du Manoir
Préface de Jean Recher - Editions Ancre de Marine
4ème de couverture
Revoici Pénélope, la jeune conservatrice du patrimoine, toujours amoureuse de Wandrille, journaliste dandy et rieur. Après avoir résolu l’énigme de la tapisserie de Bayeux dans Intrigue à l’anglaise, elle est nommée au château de Versailles. Dès son arrivée, elle découvre un cadavre, un Chinois et un meuble en trop. C’est effrayant, c’est étrange, c’est beaucoup. Dans ce temple de la perfection et de la majesté vont s’affronter les bourrasques de la mafia chinoise et d’une société secrète qui se perpétue depuis le XVIIe siècle. Des salons aux arrière-cabinets du château, des bosquets du parc aux hôtels particuliers de la ville, Pénélope, bondissante et perspicace, va percer les mystères de Versailles.
