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Mars 2013 - Salon de Thé D'Est en Ouest

 

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photo©Voyelle

 

Contre vents et marées

Je me bats contre mon passé

Excès de colère délire, persécution

Est-ce une illusion ?

Perdre la raison

Perdre demeure, travail, famille, amis, santé

Perdre jusqu'à sa dignité

Combien de fois j'ai pleuré en silence

Face à tant de souffrance

Panam, Paris

Le joyau des touristes

Le ghetto des sans-abri

Et la ville des artistes

Domiciliée dans la rue

Apeurée et perdue

Je retrouve les âmes que la faim

Et la soif font errer de ci, de là

Paumé parmi les flots d'un monde indifférent

Souvenir intime, respectueux et respecté

La terre n'est plus qu'un peu de ciel et

Son marchepied une vague histoire.

Collectif de la Brigade d'Intervention Pour un Hôpital Poétique

(Atelier d'écriture de l'HÔpital Pierre Janet du Havre)


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photo©Voyelle


Rêveries de Paroles - Marianne Auricoste

Parole. Un mot intraduisible. J'aime ces mots qu'on ne peut pas imaginer dans une autre langue, infréquentables s'ils perdent leur sonorité. Ils se dessèchent, ils fanent et s'étiolent. Des papillons de nuit au matin. Plus rien dans les mains, dans la bouche, la salive. Des mots du dictionnaire. La langue raisonnable, balisée, signalisée, carrée. Des mots codes, des boîtes, des carcasses.
Des mots privés d'enfance, d'intimité, d'expérience, de sensualité. "Parole", je me le répète, je l'arrondis avec ma langue. Je le déguste, je le savoure. Je l'explore. Je le peuple.
Parole, un domaine, un territoire, un continent, un sentiment. Un mot privé. Je m'étonne si quelqu'un le franchit devant moi, je le suspecte, prête à griffer. De quel droit ? Chasse réservée. Il existe assez d'autres mots. Pourquoi m'emprunter justement celui-là ? Pourquoi me déposséder. Etrange jalousie...Suite

 

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"Le Hareng et le Saxophone" de Sylvie Weil

Editions Buchet * Chastel - 2013

4ème de couverture

« Je suis mariée depuis ce matin à un homme que je connais à peine, un gars de Brooklyn dont la famille a jadis débarqué d’Ukraine. » Drôle d’histoire, celle d’une tribu dominée par le fantôme d’un grand-père passionné de catch et amoureux de son nouveau pays, l’Amérique, et par l’ombre d’un aïeul qui fit fortune dans le hareng. La narratrice, en victime amusée, se laisse aussi envahir par les vivants : une redoutable belle-mère, un beau-père qui ne pense qu’à sa carrière ratée de saxophoniste. Bisbilles, trous de mémoire, petits secrets… Une saga originale et divertissante, en musique et avec poissons.
On se souvient du précédent livre de Sylvie Weil, Chez les Weil, déjà un exercice de célébration ironique. Son père et sa tante, deux génies, en sortaient plus vivants et plus mystérieux. Ici encore, un monde palpite avec ses travers et ses bénédictions.

Sylvie Weil est la fille d’André Weil et la nièce de Simone Weil. Elle a enseigné la littérature française dans plusieurs universités américaines. Écrivain, elle a déjà publié plusieurs nouvelles et romans.

 

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    photos©Voyelle


L'accueil ?! Tout un poème !!! Le chocolat noisette d'Isabelle, les gourmandises de Bénédicte ouvrent l'appétit, avec ou sans rimes, sur deux poèmes des "Cent plus beaux poèmes de la langue française"...

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.
 

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C'est sous Louis treize ; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
 

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;
 

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... - et dont je me souviens !
 

 

"Fantaisie" - Gérard de Nerval 

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce coeur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine.
"Marie" - Appolinaire ( Alcools)

 

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"Dans l'ombre de la lumière" de Claude Pujade-Renaud

Editions Actes Sud - 2013

4ème de couverture

Dans la vie de saint Augustin se tient une ombre, une femme, nommée Elissa dans le roman, qui partagea sa foi manichéenne, fut sa concubine, lui donna un fils, vécut avec lui à Carthage, Thagaste, puis en Italie où le jeune rhéteur la congédia de son existence…
Quand Elissa prend la parole, aux premières pages de ce livre, presque douze ans ont passé depuis sa “répudiation”. Revenue vivre à Carthage, elle s’est liée d’amitié avec un couple dont le mari, Silvanus, a pour métier de consigner sur des parchemins les discours d’avocats, rhéteurs ou prédicateurs. C’est par lui qu’elle apprend le passage prochain à Carthage d’Augustinus, désormais évêque d’Hippone…
Roman tout en miroitements, par lequel une vie scintille dans une autre, ce livre aux accents d’anti-confessions passe au crible de celle qui sait les débuts puis la carrière du saint homme. La mémoire d’Elissa est tenace, en elle la fidélité l’emporte sur la désillusion. Et l’auteur excelle à revisiter les textes augustiniens, interpréter les silences, traquer les demi-aveux, pressentir les non-dits, déchiffrer l’insidieuse pesée du lien maternel, restituer l’intime, effleurer la peau des souvenirs…
Avec ce portrait en creux d’un “cher disparu”, Claude Pujade-Renaud réplique à l’histoire officielle, témoigne pour le témoin qu’est Elissa, et poursuit sa réflexion – constante dans toute son oeuvre – sur les coulisses des pouvoirs… temporel et spirituel. 

 

«Elle a vécu une quinzaine d’années avec celui qui deviendra saint Augustin. On ne connaît pas son nom. On ne sait pas ce qu’elle est devenue après avoir été répudiée par l’homme aimé. Et qui l’aimait. Certains biographes de saint Augustin suggèrent que, peut-être, elle serait entrée dans une communauté de femmes chrétiennes. Fait sur lequel on ne détient aucune trace historique.

Cette “fin édifiante” ne me plaisait pas. D’où le désir d’imaginer pour cette femme un tout autre itinéraire, dans cette ville de Carthage où l’homme aimé, devenu un évêque célèbre, vient parfois prêcher. Sur le couple. Sur la grâce et le péché. Sur l’effondrement de Rome. Elissa demeure discrètement dans l’ombre et le silence, mais aspire à la lumière, fidèle au manichéisme partagé autrefois avec Augustinus (j’ai préféré conserver le nom latin, plus chantant). Et c’est seulement après avoir achevé ce roman que j’ai compris combien certains traits de ma mère avaient nourri le personnage féminin de ce roman.
Le hasard m’a fait naître en Tunisie. Sans doute ai-je eu le désir, sur le tard, d’inventer une histoire se déroulant dans cette contrée qui, à l’époque de saint Augustin, était une province romaine où s’affrontaient, tumultueusement, païens, manichéens, juifs, chrétiens. Seize siècles plus tard, les dieux et les hommes ont certes changé mais les conflits persistent, tumultueux.» Claude Pujade-Renaud

"Poésie chinoise" de François Cheng - Calligraphies de Fabienne Verdier

Editions Albin Michel -2000

Résumé chez l'éditeur
"Les poèmes proposés dans ce Carnet du calligraphe illustrent une tradition qui correspond à l'âge d'or de la poésie classique chinoise. Les poètes de la dynastie des Tang ont su continuer, en la magnifiant, une culture littéraire dont l'origine remonte à presque mille ans avant notre ère." François Cheng
Dans ce Carnet du calligraphe, François Cheng donne sa traduction d'un héritage poétique qu'il connaît par coeur, en lui insufflant une vie nouvelle. Par la magie du pinceau et des couleurs, les calligraphies de Fabienne Verdier participent de ce même élan créateur.

Seul assis entre les bambous,

Je joue de la cithare et je siffle,

Dans la forêt, oublié des hommes.

La lune s´est approchée : clarté

Vang Wei "La gloriette aux bambous"


L'hiver si long, par les glaciers l’âme dérive,
salles de hautes voûtes blanches où vibre le vide,
touchant au froid absolu la mer devient plus lente.
Sur deux rives la matière et l’anti-matière
chacune en grand chaos s’aiguillonnant elle-même,
mais au travers de ce présent glacial la bouche
plaintive jamais n’atteint son portrait sur le miroir, le messager
ne sait pas revenir au ventre de son origine.
Si le vent caressait au moins cette peau…

"Glacial présent" Pentti Holappa


 

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photo©Voyelle


"Poésie Cadastre" avec la contribution de Franck Cottet, Vincent Depardieu, Eric Ferrari, Isabelle Guigou, Sylvie Laroche, Erick Morel, Alain Picquenot, Eric Sénécal, Yann Sénécal, Roland Shön, Jean-Claude Touzei.

Editions Clarisse - Collectif 

Résumé chez l'éditeur

" Cadastre " est un livre vitrine dans lequel les éditions clarisse présentent dix poètes et une créatrice déjà inscrits au catalogue à travers des textes inédits afin de permettre de découvrir le climat de son travail.
La question de la résistance, quelque sens qu'on donne à ce mot, est essentielle pour tout être humain. Elle demeure un fondement de l'existence même de la poésie. Non seulement dans son aperçu historiquement révélateur des temps de guerre, mais bien dans une acception plus humaine, moins naufragée, une résistance du corps dans un courant contraire, de branche abandonnée à la rivière sur laquelle s'aimantent plantes aquatiques et déchets humains, à moins que ce ne soit quelque chose proche du vol des goélands luttant le long des estrans, à contre-vent, vers une destination d'eux seuls connue, avec une volonté par eux seuls motivée.
La destination, les poètes n'en connaissent rien. Mais ils sont volontaires.(...)

 

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"Patients" - Grand Corps Malade

Editions Don Quichotte - 2012

  Résumé chez l'éditeur

Grand Corps Malade, « l’homme à la béquille qui a fait entrer le slam en France par la grande porte », nous entraîne en totale immersion dans le récit de son année en centre de rééducation pour personnes lourdement handicapées. Humour et émotion.
Il y a une quinzaine d’années, en chahutant avec des amis, le jeune Fabien, pas encore vingt ans, fait un plongeon dans une piscine. Il heurte le fond du bassin, dont l’eau n’est pas assez profonde, et se déplace les vertèbres. Bien qu’on lui annonce qu’il restera probablement paralysé à vie, il retrouve peu à peu l’usage de ses jambes après une année de rééducation. Quand il se lance dans une carrière d’auteur-chanteur-slameur, en 2003, c’est en référence aux séquelles de cet accident – mais aussi à sa grande taille (1,94 m) – qu’il prend le nom de scène de Grand Corps Malade.
On connaît l’immense succès qui suit : trois albums plébiscités par le public et la critique, une distinction de Chevalier des Arts et des Lettres, qui récompense la qualité de sa plume, toujours subtile et surprenante. Dans ses chansons pleines de justesse, telles « À l’école de la vie », « Roméo kiffe Juliette », « Éducation nationale », ou encore « Rachid Taxi », l’artiste soulève le voile d’une réalité sociale et politique singulière. Chaque année, certains de ses textes sont proposés au baccalauréat de français.
Dans son livre, où il se fait pour la première fois auteur d’un récit en prose, il raconte, avec humour, dérision et beaucoup d’émotion, les douze mois passés en centre de rééducation et relate les aventures tragiques mais aussi cocasses vécues par lui et ses colocataires d’infortune.
Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, est né un 31 juillet 1977, sous le soleil de la Seine-Saint-Denis. Enfant, Fabien veut devenir prof de sport. Mais la vie lui réserve un autre destin. C’est armé d’une béquille et d’un stylo qu’il se lance dans la musique. En 2006, son premier album, Midi 20, se vend à plus de 600 000 exemplaires et l’artiste est primé deux fois aux Victoires de la musique (« album révélation » et « révélation scène » de l’année).

EXTRAITS

 

Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c'est un sixième qui les délivre, Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,Ce sixième sens qui apparait, c'est simplement l'envie de vivre.


« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu’ils ont dit à mes parents.
Alors j’ai découvert de l’intérieur un monde parallèle,
Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion,
Un monde où être autonome devient un objectif irréel,
Un monde qui existait sans que j’y fasse vraiment attention.
Ce monde-là vit à son propre rythme et n’a pas les mêmes préoccupations,
Les soucis ont une autre échelle et un moment banal peut être une très bonne occupation,
Ce monde-là respire le même air mais pas tout le temps avec la même facilité,
Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés.
On met du temps à accepter ce mot, c’est lui qui finit par s’imposer,
La langue française a choisi ce terme, moi j’ai rien d’autre à proposer,
Rappelle-toi juste que c’est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin,
Et tout le monde crie bien fort qu’un handicapé est d’abord un être humain.

 

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"Le Goût de la mer" de Jacques Barozzi

Editions Mercure de France - Thématique : Le Goût de...

Présentation de l' éditeur

Depuis longtemps, la littérature célèbre la mer et ses travailleurs. Les voyages de Marco Polo, Christophe Colomb, Vasco de Gama ont inspiré les poètes. Au XVIIIe siècle, en racontant des histoires de batailles navales, de pirates, d’îles au trésor et de pêches fabuleuses, les romanciers ont inventé un genre, le roman de mer. Entre ouragans et tempêtes, leurs récits transportent le lecteur immobile à travers l’Atlantique, l’Océan indien, le Pacifique, la mer de Chine, l’Antarctique, la multitude des mers intérieures, depuis le Pôle Nord au Pôle Sud, et jusque dans leurs plus inaccessibles profondeurs. Mais la mer n’est pas seulement géographique, elle atteint aussi à une dimension proprement métaphysique : mer des fantasmes, des ténèbres et de la folie, mais aussi mer du calme retrouvé, de l’aventure introspective et de la connaissance de soi…
     Embarquement en compagnie de Homère, Luis de Camoens, Constantin Cavafy, Hermann Melville, Victor Hugo, Louis Ferdinand Céline, Marguerite Duras, Robert Conrad, Jules Verne, Ernest Hemingway, Arthur Rimbaud et bien d’autres…

 

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"Paroles de femmes" de Josée Lartet-Geffard et Benoîte Groult / Illustrations de Chloé Poizat    

Editions Albin Michel - 1999

4ème de couverture

Depuis Sappho jusqu'à Taslima Nasreen en passant par Louise Labé et Colette, Josée Lartet-Geffard a choisi les extraits les plus évocateurs de textes de femmes, tantôt tragédies, tantôt froids constats, très souvent empreints d'ironie, de l'humour qui fait la force des femmes. Mais qu'ils parlent d'amour, de désir, du sexe masculin, du mépris, de féminisme, de maternité, à travers les âges et les frontières, c'est toujours le désir de pouvoir être soi et d'être considérée comme un humain à part entière qui transparaît dans ces très beaux textes. Présentés par Benoîte Groult, ils sont abondamment illustrés par Chloé Poizat qui signe des dessins et collages pastel reprenant avec sobriété et humour les passages correspondants.

Voir les illustrations sur le site de Chloé Poizat :   CLICK

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